Depuis 2015, le Conservatoire botanique assiste techniquement et scientifiquement le Conservatoire d’espaces naturels des Pays de la Loire dans son animation du réseau régional «Espèces exotiques envahissantes (EEE)», sur les questions portant sur la flore et la végétation. Dans ce cadre, il va réaliser une série de fiches d'alerte détaillées, visant à donner les informations essentielles aux opérateurs de terrain pour reconnaître et signaler précocement des stations de plantes exotiques envahissantes émergentes dans la région, afin d’engager une réaction rapide. La première fiche d'alerte porte sur la Crassule de Helms, complétée par une synthèse des connaissances nationales.

Contexte

La Crassule de Helms (Crassula helmsii) est une petite plante grasse des milieux aquatiques à inondables, originaire d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Vendue comme plante d’aquarium ou de plans d’eau d’ornement, elle est signalée dans les milieux naturels de la métropole française depuis 1999 près de Langon (Ille-et-Vilaine) et est en expansion rapide depuis quelques années dans le Nord-Ouest de la France.

Les connaissances actuelles sur sa biologie et son écologie montrent qu’elle a une croissance rapide, une large amplitude écologique et d’importantes capacités de dispersion. Malgré son caractère invasif avéré en Europe, elle ne fait cependant l’objet d’aucune mesure actuelle de réglementation.

Résultats

Une fiche d'alerte pour la région des Pays de la Loire

Le Conservatoire botanique national de Brest a réalisé une fiche alerte détaillée indiquant la marche à suivre en cas de découverte d’une station (précautions, signalement…). Cette fiche vise à donner les informations essentielles aux opérateurs de terrain pour reconnaître et signaler précocement des stations afin d’engager une réaction rapide, dans le cadre d’un dispositif d’accompagnement spécifique proposé par le réseau EEE Pays de la Loire.

> Télécharger la fiche d'alerte

Une synthèse des connaissances nationales

Le Conservatoire a également participé à une synthèse faisant un état détaillé des connaissances sur l’espèce en France métropolitaine, en lien avec le Groupe de travail sur les invasions biologiques en milieu aquatique.

Rédigée par Fabien Dortel (Conservatoire botanique national de Brest) et Alain Dutartre (hydrobiologiste indépendant auprès du Groupe de travail sur les invasions biologiques en milieu aquatique) et basée sur les plus récentes connaissances scientifiques, elle présente une description morphologique de l’espèce, de sa biologie et de son écologie, de sa répartition actuellement connue en France et en Europe ainsi que les possibilités de gestion assorties de mesures de biosécurité spécifiques.

Le but d’une telle synthèse est de donner aux opérateurs de terrain, toutes les clés de compréhension pour mieux appréhender les enjeux liés à la Crassule. Elle argumente aussi en faveur de l’inscription de la Crassule de Helms sur la liste nationale des espèces exotiques envahissantes préoccupantes, comme le permet le règlement européen récemment transcrit en droit français (JORF n°0044 du 22 février 2018). Datée de novembre 2017, cette synthèse sera mise à jour régulièrement car la situation autant que les connaissances sur cette espèce évoluent vite.

> Télécharger la synthèse des connaissances

Partenaires

En savoir plus

Synthèse des connaissances sur la situation de la Crassule de Helms en métropole sur le site web du Groupe de travail sur les invasions biologiques en milieu aquatique

 

Depuis 2004 en Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest coordonne un "Plan régional de conservation" en faveur de l'Ail des landes. Cette espèce protégée est extrêmement rare dans la région. Seules 4 stations se maintiennent actuellement, toutes localisées sur la commune d'Herbignac. La mise en œuvre du plan est coordonnée conjointement par le Conservatoire, le Parc naturel régional de Brière et Bretagne Vivante, en partenariat avec les propriétaires des différentes stations.

Contexte

En France, l’Ail des landes (Allium ericetorum Thore) doit faire face à la régression généralisée des landes et des milieux associés suite à la modification des pratiques agricoles (abandon des pratiques extensives de fauche, étrépage, écobuage, pastoralisme...) souvent accompagnée de plantations de résineux. Relativement répandue dans le sud-ouest du pays, la situation est particulièrement critique pour la population armoricaine, où l’espèce ne subsiste plus aujourd’hui qu’en de très faibles effectifs dans la seule commune d’Herbignac (Loire-Atlantique).

Comme 16 autres plantes rares et menacées des Pays de la Loire, elle fait l’objet d’un "Plan régional de conservation"  qui a été rédigé en 2004 par le Conservatoire botanique avec l’appui de la DREAL et de la Région Pays de la Loire.

L'espèce

Taxonomie Noms vernaculaires : Ail des landes, Ail des bruyères
Nom latin : Allium ericetorum Thore
Etymologie : Allium pourrait provenir du Celte "all", qui signifie brûlant, ericetorum fait référence à Erica qui est le nom des bruyères caractéristiques des landes.
Reconnaissance Description : plante vivace à bulbe allongé, enveloppé d’une tunique très filamenteuse. La tige est dressée, assez grêle et longue de 30 à 60 cm. Elle porte jusqu’au tiers de sa hauteur des feuilles linéaires, étroites, non fistuleuses. Les fleurs sont d’un blanc légèrement jaunâtre, rassemblées en tête serrée globuleuse de 20 à 30 mm de diamètre, non bulbillifère et à faible odeur douce, entourée par une spathe à deux bractées membraneuses égales, ovales, plus courtes que les pédicelles. Ceux-ci sont de taille égale, supérieure à celle de la fleur. Le fruit est une capsule globuleuse de 4-5 mm à 3 loges contenant chacune 2 graines noires, chagrinées et allongées-fusiformes.
Floraison : août-septembre
Répartition Espèce de répartition atlantique, sub-endémique de France, également connu en Espagne et au Portugal
Ecologie et habitat Plante des landes atlantiques intérieures (non maritimes)subsèches à fraîches, des végétations hygrophiles dominée par la molinie (moliniaies. Cette plante largement présente en plaine dans le sud-ouest de la France, remonte plus ou moins aux étages montagnard et subalpin dans les Pyrénées, les Monts cantabriques en Espagne et la Serra de Gerez au Portugal.
Protection et vulnérabilité Protection régionale (PR) : figure sur l'arrêté ministériel du 25 janvier 1993 relatif à la liste des espèces végétales protégées en région Pays de la Loire complétant la liste nationale.
Vulnérabilité (EN) : figure sur la liste rouge régionale "en danger de disparition" en Pays de la Loire.

Objectifs

  • Améliorer les connaissances sur l’espèce : rechercher d’anciennes stations, étudier les secteurs proches des stations actuelles, se documenter sur les travaux taxonomiques, effectuer des comparaisons morphologiques, conduire des investigations sur l'identité génétique...
  • Préserver les populations existantes : contrôler le développement des arbustes et des ronces, expérimenter des pratiques de fauche annuelle et précoce, réaliser des essais d'étrépage, mettre en place un suivi annuel des populations, restaurer les landes à proximité...
  • Conservation en culture : poursuivre la culture, entretenir le lot de semences de sécurité, poursuivre les collectes de graines, effectuer régulièrement des tests de germination, se documenter sur la longévité des semences...
  • Information et sensibilisation : informer les acteurs locaux et les partenaires des enjeux de conservation, développer les collaborations...

Actualités

Partenaires financiers

Partenaires techniques

En savoir plus

Réintroduction de l'Ail des landes en février 2018 à Coët-Caret sur la commune d'Herbignac en Loire-Atlantique

Vidéo sur la réintroduction de l'Ail des landes à Herbignac par le Parc naturel régional de Brière

Grâce au soutien de l'Agence de l'eau Seine Normandie et de la Région Normandie, le Conservatoire botanique national de Brest a développé entre 2014 et 2017 un programme d'identification des végétations de zones humides des bassins versants de l'Orne et de la Dives situés dans les départements de l'Orne et du Calvados.

Contexte

Les bassins de l'Orne et de la Dives forment un vaste territoire de 471000 hectares réparti sur 666 communes et 2 départements. Ils reposent à la fois sur les roches du Massif armoricain, riches en silicates, et les roches calcaires du Bassin parisien. Cette assise géologie a une forte influence sur le type de végétation pouvant s'y développer. Les zones humides couvrent plus de 30000 hectares soit près de 6% de ce territoire. Un plan d'échantillonnage a été réalisé par photo-interprétation afin de prospecter cette surface.

Objectifs

Le principal objectif de ce programme est de faciliter la reconnaissance des groupements végétaux, indicateurs des caractéristiques écologiques, par le plus grand nombre et particulièrement par les acteurs locaux en charge de la gestion et de la préservation de la nature :

  • réaliser un outil pertinent et adapté,
  • évaluer l'état de conservation des zones humides en proposant des indicateurs sur la qualité écologique des habitats humides terrestre,
  • développer la connaissance sur les végétations de zones humides en Normandie (écologie, répartition, fréquence, localisation...).

Des prospections fines ont été réalisées afin de cerner au plus près les végétations présentes. Des journées de formation sur sites ont été proposées aux agents de terrain (techniciens rivière, techniciens zones humides, agents de la CATER, des SAGES et de l'Agence de l'eau) pour tester les outils. Les outils mis à disposition ont vocation à évoluer au fur et à mesure du développement de la connaissance de terrain.

Ce programme ouvre aussi la voie à un programme bien plus vaste concernant les zones humides des bassins versants de la Manche, du Calvados et de l'Orne ; territoire d'action du Conservatoire botanique national de Brest en Normandie.

Résultats

Chiffres clés

  • 634 relevés phytosociologiques
  • 66 alliances : 63 sur l'Orne et 50 sur la Dives
  • 31 classes phytosociologiques

Publications

  • 1 catalogue de végétation
  • 2 clés de détermination : une pour chaque bassin versant
  • 66 fiches descriptives de végétation (niveau alliance) incluant des cartes de répartition

Partenaires

En savoir plus

Tome 1 : rapport de synthèse
Tome 2 : clés de détermination des groupements végétaux du bassin versant de l'Orne
Tome 3 : clés de détermination des groupements végétaux de zones humides du bassin versant de la Dives
Tome 4 : fiches descriptives des groupements végétaux de zones humides

Guide des végétations de zones humides des bassins versants de l'Orne et de la Dives

Colloque de Bailleul 2017 "Outils d'aide à la caractérisation des zones humides en régions Pays de la Loire et Normandie"

 

Depuis 2016, le Conservatoire botanique anime un réseau de suivi du Coléanthe délicat (Coleanthus subtilis) en Bretagne regroupant des opérateurs Natura 2000, des collectivités, des gestionnaires d'espaces naturels...

Contexte

Le Coléanthe délicat (Coleanthus subtilis) est une plante des berges exondées d’étangs, se développant préférentiellement en début d’automne lors de la baisse des niveaux d’eau. Cette espèce végétale représente un très fort enjeu en Bretagne, où se trouvent plus de 90% des populations françaises. En 2015, le Conservatoire botanique conclut à un état de conservation défavorable et un état des connaissance partiellement déficitaire pour cette espèce.

Objectifs

Dès 2016, le Conservatoire botanique réunit les acteurs des étangs où le Coléanthe délicat est recensé dans la région : opérateurs Natura 2000, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, correspondant.e.s bénévoles du Conservatoire... pour mettre en place un réseau de suivi en Bretagne.

Ce réseau a vocation à :

  • coordonner le suivi de l’espèce dans la région autour d’un protocole partagé,
  • faciliter les échanges et retours d’expériences entre acteurs concernés par des problématiques de gestion et de conservation similaires.

Résultats

Le réseau de suivi a été accueilli pour sa mise en place par la commune de Plerguer (Ille-et-Vilaine) en septembre 2016, puis à Rostrenen (Côtes-d'Armor) en novembre 2017 dans les locaux de l’Association de mise en valeur des espaces naturels de Glomel. La forte participation des observateurs a permis de réactualiser les données de présence de l’espèce sur la moitié des populations récemment observées (après 2000) de la région en un an !

Partenaires

Contact

Gaëtan Masson
Chargé d'études flore et habitats
Conservatoire botanique national de Brest
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

En savoir plus

Flash info 2017 - réseau de suivi du Coléanthe délicat en Bretagne

Bilan 2017 du réseau de suivi du Coléanthe délicat en Bretagne

Fiche espèce "Coléanthe délicat"

Rapport "Natura 2000 en Bretagne : espèces végétales d'intérêt communautaire. Bilan des connaissances et enjeux de conservation" (2015)

eCalluna : application web pour rechercher la répartition du Coléanthe délicat et plus largement des espèces végétales sauvages de l'Ouest de la France

De 2013 à 2017, un réseau breton de 19 fermes et 90 parcelles agricoles en zones humides a été passé à la loupe des agronomes, des botanistes et des entomologistes. Ce travail a été mené par les Chambres d’agriculture de Bretagne avec l’appui des partenaires scientifiques et techniques : Conservatoire botanique national de Brest, Groupe régional d’étude des invertébrés armoricains et Institut national de la recherche agronomique.

@cbnb

Contexte

La préservation des zones humides est un enjeu majeur pour la Bretagne, tant que pour leur rôle dans la gestion de la ressource en eau que de la préservation de la biodiversité. Les agriculteurs en tant que gestionnaires jouent un rôle important pour la préservation de leurs fonctions. Alors comment concilier exploitation agricole et préservation des fonctions environnementales des zones humides ? Comment contribuer à la préservation de la biodiversité tout en assurant un revenu à l’agriculteur ? Quelle contribution des zones humides agricoles à la préservation de la ressource en eau ?

Objectifs

Le programme "Réseau des fermes de référence en Bretagne" sur les zones humides et leur place dans la gestion agricole associe une approche "de terrain" sur des parcelles et une approche plus globale s'intéressant notamment aux services environnementaux rendus par les zones humides agricoles.

Les études de terrain se sont surtout intéressées aux prairies humides dont le maintien est lié aux usages agricoles tels que la fauche ou le pâturage. Elles ont mis en évidence les liens entre type de prairie, richesse biologique et pratiques agricoles et de mesurer l’efficacité des zones humides pour la dénitrification et la qualité de la ressource en eau.

Résultats

Les résultats de ce programme de 4 ans sont synthétisés dans un guide "Zones humides : rôle et place dans la gestion agricole".

Ce guide s’adresse à un public d’agriculteurs et de techniciens. Il doit permettre aux agriculteurs de prendre conscience de la valeur des zones humides, et particulièrement des prairies humides entretenues par leurs soins. Il fournit un référentiel de connaissances et des clés pour adapter les pratiques aux caractéristiques écologiques des praires : être en mesure de reconnaître les prairies les plus sensibles, d’adapter leur gestion pour permettre leur préservation…

Ce guide comporte ainsi, un certain nombre de fiches techniques à valoriser dans l’objectif de :

  • Maintenir des milieux riches et utiles pour l’environnement, tout en assurant aux agriculteurs des solutions pérennes et économiques viables.
  • Redonner aux agriculteurs un vrai rôle d’acteur dans ces milieux, afin de valoriser leurs savoir-faire et de leur redonner envie de s’y investir, c’est certainement une des clés pour parvenir à des résultats probants et durables.

Ce guide a été récompensé par un « Trophée de l’eau » décerné par l’Agence de l’eau Loire Bretagne, le 20 juin 2017.

Partenaires

Scientifiques et techniques

Financiers

En savoir plus

Guide "Zones humides : rôle et place dans la gestion agricole"

Article sur le programme "Fermes de références en Bretagne"

Vidéo "Gestion agricole des zones humides en Bretagne"

Ressources, guides et fiches techniques sur les zones humides en Bretagne

 

Nous avons choisi de vous présenter une diversité d'actions menées par le Conservatoire botanique national de Brest dans l'Ouest de la France et dans les hauts lieux de biodiversité mondiaux. Il ne s'agit pas d'une liste exhaustive. Faites votre choix !

Plantes à fleurs et fougères Algues, lichens et mousses Milieux naturels