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CONTEXTE


Le Coléanthe délicat (Coleanthus subtilis) est une petite Poacée amphibie menacée des berges exondées de plans d’eau. Elle se développe préférentiellement en début d’automne, au moment où les niveaux d’eau sont les plus bas.



Figure 1 - Individu fleuri de Coleanthus subtilis, sur une berge exondée de plan d’eau
© G. Masson (CBN de Brest)

 

Le Coléanthe délicat présente une large répartition mondiale et le territoire européen constitue un important foyer de populations pour cette espèce. En France, elle a été observée pour la première fois en 1863 en Loire-Atlantique, et est aujourd’hui recensée sur les berges de 24 plans d’eau, tous localisés en Bretagne et en Pays de la Loire. Elle est rare et en régression en France et est évaluée « quasi-menacée » sur la liste rouge de la flore menacée de France (UICN France et al., 2018).

 


Figure 2 - Carte de répartition des observations de Coleanthus subtilis dans le Massif armoricain © CBN de Brest

 

OBJECTIFS

Afin de préserver les populations françaises de Coléanthe délicat, le Conservatoire botanique national (CBN) de Brest propose un plan de conservation régional en faveur de l’espèce. Celui-ci permet de faire un état des lieux de l’existant (espèce, habitat, populations), d’évaluer les atteintes et menaces qui pèsent sur les populations et de proposer, en lien avec les partenaires du CBN de Brest, un ensemble d’actions qui assureront la pérennité du Coléanthe délicat en Bretagne :

  • Surveillance des populations ;
  • Mise en place de mesures de conservation ex situ ;
  • Prise en compte dans la gestion des niveaux d’eau des plans d’eau concernés ;
  • Veille et contrôle des espèces exotiques envahissantes ;
  • Contact et sensibilisation des acteurs impliqués et du grand public.

Les actions de conservation proposées sur les stations de Coléanthe délicat du Massif armoricain sont en cohérence entre ce plan d’actions et celui concernant la région Pays de la Loire (Lacroix et al., 2006).

 

LE RESEAU DE SURVEILLANCE DU COLEANTHE DELICAT

Mis en place en 2016 par le Conservatoire botanique national de Brest, ce réseau de surveillance regroupe l’ensemble des acteurs intervenant sur les plans d’eau à Coléanthe : opérateurs Natura 2000, collectivités, gestionnaires d'espaces naturels, correspondant.e.s bénévoles du Conservatoire, acteurs de la production d’eau potable, etc.
Il contribue à :

  • coordonner le suivi de l’espèce autour d’un protocole partagé ;
  • faciliter les échanges et retours d’expériences entre acteurs concernés par des problématiques de gestion et de conservation similaires ;
  • informer et sensibiliser les partenaires.

Ce réseau constitue ainsi un outil fort pour la mise en œuvre du plan de conservation.
 


Figure 3 - Mise en place du réseau de surveillance à Plerguer (35) en 2016 © CBN de Brest

 

Partenaires

 

 

 

À travers sa mission socle « développer et améliorer les connaissances », le CBN de Brest synthétise les observations botaniques et lichénologiques acquises sur le terrain par ses salariés, son réseau de correspondant.e.s et ses partenaires ainsi que celles figurant dans la bibliographie et les collections d’herbiers.

Il élabore ainsi un catalogue taxonomiquedpour l’ensemble de son territoire d’agrément (régions Bretagne et Pays de la Loire), ainsi que pour les départements de l’ex Basse-Normandie en poursuivant la collaboration avec le nouveau Conservatoire botanique de Normandie.

Ces éléments sont dorénavant en ligne et mis à jour de façon hebdomadaire.

 

Les catalogues en téléchargement

  • Territoire concerné : régions Bretagne et Pays de la Loire, départements de l’ex Basse-Normandie (Calvados, Manche, Orne).
  • Groupes taxonomiques concernés : Bryophytes, Charophytes, Lichens et Trachéophytes.
  • Noms scientifiques et correspondances avec le référentiel floristique national TaxRef
  • Statut de présence et d’indigénat
  • Statut pour les taxons à enjeux (protection réglementaire, liste rouge, exotique envahissante…)
  • Indicateurs (catégories de rareté, etc.)

 

 

En parallèle, toutes les références et les intitulés sont détaillés dans un « Tableau des métadonnées ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mise à jour permanente - La connaissance de la composition floristique et de la répartition des plantes évolue continuellement avec les inventaires réalisés sur le terrain et le dépouillement des observations contenues dans la bibliographie. La mise à jour de ces catalogues est donc permanente.

 

 

N’hésitez pas à faire remonter vos remarques aux responsables départementaux ou à saisir directement vos observations botaniques dans le Carnet de terrain. Toute observation complète ou actualise la connaissance !

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Huperzia selago, ou Lycopode sélagine, est une plante assimilée aux fougères. Cette espèce montagnarde de petite taille (5 à 25 cm) présente des tiges dressées avec des feuilles rigides vert foncé. Rare dans les régions de plaine, elle ne subsiste en Bretagne que dans le Finistère, où elle se rencontre essentiellement sur des rochers acides, dans des environnements de landes et tourbières fraîches. Très vulnérable à la sécheresse, aux incendies et au piétinement, elle est classée « en danger critique » sur la Liste rouge régionale.

 


Bulbilles en boîte de prétri pour enracinement et bulbilles enracinées © C. Gautier (CBN de Brest)

Le Conservatoire botanique national de Brest œuvre à sa préservation depuis les années 1990. Plus de 80 plants, issus de cinq stations finistériennes, sont actuellement cultivés dans le cadre d’une conservation ex situ.


Culture de bulbilles d'Huperzia selago © C. Gautier (CBN de Brest)

 

Depuis trois ans, un protocole de multiplication par bulbilles est en cours d’élaboration. Des essais menés en chambre de culture ont permis d’obtenir un taux de germination de 98 %. Le taux de réussite au repiquage des bulbilles racinées atteint 60 %. Ces résultats, confirmés en 2024, seront validés en 2025. La prochaine étape consistera à acclimater les jeunes plants en extérieur, en vue de renforcer ou restaurer les populations naturelles si nécessaire.


Huperzia selago : bulbilles sur plants en serres © C. Gautier (CBN de Brest)

 

 

Les messicoles sont représentées principalement par des espèces annuelles, autrefois communes dans les champs cultivés et plus particulièrement les moissons (Coquelicots, Bleuet, Nielle des blés…). Nombreuses sont celles qui sont devenues rares et sont aujourd’hui menacées de disparition. Ces plantes ont en effet considérablement régressé au XXe siècle avec les modifications successives des pratiques culturales, visant à augmenter la productivité des cultures et à éliminer les espèces adventices.

 

 

 

En 2014, le CBN de Brest a établi un premier bilan et une liste de plantes « messicoles » spécifiques à la région des Pays de la Loire. Cette liste comporte un peu plus de 100 plantes dont plus de la moitié sont menacées ou quasi menacées d’extinction dans la région. Plusieurs sont considérées disparues, comme l’Adonis d’été, la Spergulaire des moissons ou l’Aspérule des champs qui étaient autrefois notamment présentes sur les terrains calcaires d’Anjou.

Dix ans après, un nouvel état des lieux a été réalisé par le CBN de Brest qui reprécise la répartition dans la région de ces plantes inféodées aux moissons, vignes et vergers qui sont en fort déclin partout en Europe. Un état des populations est également établi pour les plus rares et/ou menacées. Ces travaux capitalisent les efforts déployés par le CBN de Brest et son réseau de partenaires dans le cadre de la déclinaison régionale du Plan national d’actions (PNA) en faveur de leur préservation, afin d’améliorer les connaissances de ces communautés végétales compagnes des cultures.

 

Ce nouveau bilan réaffirme les tendances régionales déjà mises en évidence, tout en soulignant l’avancée des connaissances acquises dans le cadre des actions de déclinaison du PNA, plus particulièrement en Maine-et-Loire et en Mayenne. L’état des populations des messicoles les plus rares et menacées de la région a pu être mieux appréhendé, confirmant malheureusement l’état particulièrement critique de certaines. Les enjeux majeurs qu’abrite notamment le territoire de la Champagne de Méron à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire) sont remis en avant. Il y subsiste en effet l’un des derniers bastions français de la Nigelle des champs (Nigella arvensis L.), une messicole en danger critique d’extinction en France.

 

 

Dans le cadre de la mise en œuvre de la déclinaison régionale d’une seconde version du PNA (2024-2033), le CBN de Brest a un rôle important à jouer dans l’appui technique pour la conservation et la restauration de milieux favorables aux messicoles et pour contribuer à l’appropriation des mesures proposées par le monde agricole dans un contexte de transition agroécologique. Il apparait ainsi nécessaire de poursuivre les actions de suivi des stations, de conservation et de sensibilisation engagées depuis 10 ans en faveur de ces cortèges de plantes inféodées aux cultures.

 

 

Pour en savoir plus

 

>> Téléchargez le bilan complet

et retrouvez des fiches de caractérisation de messicoles encore bien présentes en Pays de la Loire, ainsi que d’autres documents sur notre page « Enquête messicoles en Pays de la Loire »

 

 

 

 

Le Conservatoire botanique national de Brest et la Fondation du patrimoine Bretagne ont officialisé leur partenariat en signant une convention visant à restaurer et valoriser l’herbier du Frère Louis-Arsène, un trésor scientifique et culturel menacé par le temps.

 

Un patrimoine botanique unique à préserver

Conservé depuis 1989 par le CBN de Brest, l’herbier du Frère Louis-Arsène rassemble près de 15 000 spécimens de plantes vasculaires, mousses et lichens, collectés en Bretagne, France, Europe et au Canada. Témoignage d’un siècle de recherches, il constitue une ressource scientifique inestimable pour l’étude et la connaissance de la flore régionale et internationale.

Aujourd’hui, cet herbier est fragilisé par le temps : papiers acides, étiquettes effacées, traces d’insectes. Sa restauration est devenue urgente pour garantir sa conservation et son accessibilité.

 

Un projet de restauration ambitieux

Le projet prévoit :

  • la remise à plat complète des spécimens sur papier neutre,
  • le reconditionnement conforme aux normes actuelles,
  • la numérisation et la mise en ligne progressive des planches.

Grâce à l’implication de bénévoles formés, environ 1 200 planches pourront être restaurées chaque année, assurant ainsi la sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine remarquable.

 

Une campagne de dons ouverte à tous

Afin de financer ce projet dont le coût est estimé à 66 000 €, la Fondation du patrimoine Bretagne lance une campagne de dons ouverte aux particuliers et aux entreprises. Chaque don permettra de contribuer à la restauration de l’herbier, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux (66 % pour les particuliers, 75 % pour les personnes imposables à l’IFI, 60 % pour les entreprises).

Si la collecte atteint au moins 3 500 €, la Fondation du patrimoine apportera un soutien financier complémentaire.

 

Une mobilisation collective

Ce projet, au croisement de la science, de la culture et de la transmission, incarne l’esprit du Conservatoire botanique national de Brest : préserver, partager et sensibiliser. En participant à cette collecte, chacun peut devenir acteur de la sauvegarde d’un patrimoine végétal inestimable et contribuer à le transmettre aux générations futures.

>> Découvrez la campagne et participez dès maintenant

 

 

En savoir + sur les herbiers