La Nigelle des champs (Nigella arvensis L. subsp. arvensis) est une plante compagne des moissons des terrains calcaires. Elle est évaluée en danger critique d’extinction à la fois en région des Pays de la Loire et à l’échelle nationale. Sa régression en France entre les années ante 1970 et post 2000 a été estimée à 66% (cf. travaux menés dans le cadre du Plan national d’actions en faveur des plantes et communautés végétales des moissons, vignes et vergers : Cambecèdes et Adeux, 2024) et une dizaine de stations subsistent encore aujourd’hui en France. Comme de nombreuses messicoles, sa raréfaction est due à la modification des pratiques agricoles et à leur intensification (mécanisation du sarclage, labours profonds, déchaumages précoces, tri des semences et désherbage chimique), mais aussi à la déprise agricole et à la simplification des rotations de cultures.
En région Pays de la Loire, la Nigelle des champs est mentionnée historiquement dans les départements du Maine-et-Loire (49) et de la Sarthe (72) depuis le 18ème siècle et le 19ème siècle respectivement. Aujourd’hui, alors qu’une unique localité régionale était observée et suivie dans le département du Maine-et-Loire en plaine calcaire de Méron à Montreuil-Bellay, une petite population de cette très rare messicole a été redécouverte à Parcé-sur-Sarthe (département de la Sarthe), où elle avait été citée historiquement par Chelot en 1879.
La parcelle agricole, cultivée en céréales, est située sur un banc calcaire, et les pratiques agricoles exercées semblent avoir été favorables au maintien de cette espèce. D’autres plantes fréquemment observées dans les moissons accompagnaient également la Nigelle des champs sur cette parcelle (Pavot douteux, Grand coquelicot, Linaire bâtarde, Linaire élatine, Euphorbe fluette et Avoine folle).


Gauche : fleur et fruit de Nigella arvensis subsparvensis
Droite : Individus de Nigella arvensis subsparvensis en mélange avec les céréales moissonnées et de l’Ambroisie
© Esther Servain (CBN de Brest)
>> La plante reste à rechercher dans les moissons des secteurs calcaires peu intensifs dans les deux départements cités historiquement.