Le Myriophylle hétérophylle (Myriophyllum heterophyllum) colonise de plus en plus de canaux de navigation et de cours d’eau. Cette espèce, classée espèce exotique préoccupante pour l’Union Européenne et réglementée en France, est largement connue depuis plusieurs années dans le nord et l’est de la France. L’apparition de peuplements monospécifiques très denses peut avoir des effets négatifs sur les communautés de plantes autochtones ainsi que sur les autres organismes aquatiques comme les poissons et les invertébrés.
Sur le territoire d’agrément du CBN de Brest, le Myriophylle hétérophylle a été observée pour la première fois en Sarthe en 2021. En 2025, il a été signalé pour la première fois en Bretagne, dans la Vilaine entre Bruz et Guichen (département d’Ille-et-Vilaine), dans le cadre d’une étude réalisée pour le compte de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Cette espèce étant difficile à identifier, il est probable qu’elle soit présente ailleurs dans le département (et la région), mais qu'elle ait échappé aux regards des botanistes et gestionnaires. Il est également possible qu’il s’agisse d’une arrivée récente sur le territoire.
Nous appelons donc à votre vigilance et à ne pas hésiter à transmettre au CBN de Brest des échantillons ou des photographies d’individus de Myriophylle que vous soupçonnez être Myriophyllum heterophyllum.
Bien que présente dans les cours d’eau, la plante préfère les courants lents ou inexistants. Le Myriophylle peut donc se développer au sein de mares et d’étangs. Au sein du lit mineur, elle préfèrera les secteur calmes et peu profonds (frayères, canaux, renfoncements de la berge) et parfois les secteurs anthropisés (abords des écluses, seuils et autres ouvrages…).
Afin d’optimiser vos chances de collecte, équipez-vous d’un petit grappin (voir photo) !
Comment bien identifier cette espèce ?
L’identification de M. heterophyllum est très facile lorsque les épis floraux sont émergés : leur configuration particulière et la présence de stigmates rouges à la base des feuilles rendent ces épis très reconnaissables. Cependant, dans nos régions cette espèce est majoritairement observée à l’état végétatif sous sa forme submergée. Les grandes similitudes des formes végétatives immergées des espèces de Myriophyllum rendent l’identification sur le terrain délicate. En Europe, M. heterophyllum peut en particulier être assez facilement confondu avec M. verticillatum, qui présente également des feuilles verticillées par 5.
Un critère de différenciation très efficace pour différencier Myriophyllum heterophyllum et M. verticillatum est la disposition des feuilles : à chaque verticille, celles de M. verticillatum sont toujours strictement insérées au même niveau et parfaitement verticillées, alors que celles de M. heterophyllum sont, au moins dans la partie basse de la tige, légèrement décalées (Vuillemenot, 2024 ; Gross et al. 2020). Certains auteurs (Schou et al., 2023) parlent même de feuilles alternes solitaires (photo 4).

Photo 1 : Plante émergée en fleur (Guillaume D’hier, CEN Pays de la Loire, 2022)

Photo 2 : Station de Myriophyllum heterophyllum en fleurs (Guillaume D’hier, CEN Pays de la Loire, 2022)

Photo 3 : Feuilles submergées (Eva Burguin, CBN de Brest, 2026)

Photo 4 : Critères des feuilles alternes solitaires (Eva Burguin, CBN de Brest, 2026)

Photo 5 : Grappin pour collecter des espèces aquatiques (Eva Chardin, CBN de Brest, 2026)
Pour faire remonter vos observations
Eva Burguin : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Pour en savoir plus
sur Myriophyllum heterophyllum, rendez-vous sur le site du centre des ressources EEE :
Fiche espèce
Article
Sources :
Gross E. M., Groffier H., Pestelard C. & Hussner A., 2020. Ecology and Environnemental Impact of Myriophyllum heterophyllum, an Aggressive Invader in European Waterways. Diversity 12 (127) : 1-23
Schou J., Moeslund B., van de Weyer K., Wiegleb G., Lansdown R., Holm P., Baastrup-Spohr L., Sand-Jensen K., 2023 - Aquatic Plants of Northern and Central Europe including Britain and Ireland. Princeton : Princeton University Press, 746 p.
Vuillemenot M., 2024 - Bilan stationnel du Myriophylle hétérophylle (Myriophyllum heterophyllum Michx.) en Franche-Comté. Rapport final. Besançon : Conservatoire botanique national de Franche-Comté - Observatoire régional des invertébrés, 35 p. + annexes.
Vuillemenot, 2024
Durant les prochaines vacances d'hiver, les serres tropicales sont ouvertes au public du 14 février au 1er mars 2026.
En Visite autonome :
Tous les jours de 14h à 17h30
Billets à retirer au pavillon d'accueil avant 17h
Plus de 18 ans : 6 € / De 8 à 18 ans : 4 €
En visite guidée :
Mercredi et jeudi à 11h
Billets à retirer au pavillon d'accueil de 10h30 à 11h
Visite limitée à 25 personnes
Plein tarif : 8 € / Réduit : 5 €
Contexte
Le protocole national STEM-Flore de suivi à long terme de la flore (vasculaire et bryophytes), est mis en oeuvre en lien avec l'observation des effets du changement climatique sur la flore.
Porté par le réseau des CBN, il est proposé au titre du programme national de "Surveillance de la biodiversité terrestre" porté par PatriNat (MNHN/OFB) : il s'agit d'un inventaire exhaustif de la flore réalisé dans des mailles de 5x5 km, selon un plan d'échantillonnage établi au niveau national.
Ce protocole réalisé par des botanistes experts doit permettre l'analyse robuste de données de suivi à long terme. Il a été proposé de tester la mise en œuvre de ce protocole en 2025 dans 15 à 20 mailles, soit environ la moitié des mailles à prospecter chaque année.
Réalisations 2025
Le protocole est organisé en cycles de 6 ans : 1/6e des mailles du territoire devant être couvert en 6 ans, soit 36 ans pour couvrir l’ensemble du territoire. Le suivi de ce protocole, pour lequel la sélection des mailles est aléatoire, s’appuie sur la méthode d’analyse FRESCALO devant permettre de limiter les biais spatio-temporels de pression d’échantillonnage. Les passages d’inventaires doivent couvrir à 3 périodes d’inventaires selon une répartition, à respecter au global sur l’ensemble des mailles, de 10-20% en vernal (mi-mars à fin avril), 50-60% en vernal/estival (début mai à mi-juillet et 30-40% en estivo-automnal (mi-août à mi/fin octobre).
Pour cette première année « test », 18 mailles ont ainsi été prospectées en Bretagne et Pays de la Loire (sur les 69 à réaliser théoriquement).

Bilan/perspectives
STEM-Flore est un protocole exigeant du fait d’un temps limité par relevés (8 relevés exhaustifs minimum par jour). Conçu pour mesurer des tendances temporelles d’évolution de la flore, il est complémentaire avec d’autres protocoles déployés par le CBN de Brest comme l’inventaire permanent qui permet l’acquisition de connaissances sur le « fond de la flore ».
Un bilan est en cours pour identifier les marges d’améliorations et les modalités de poursuite en 2026, en fonction également du retour des autres CBN au niveau national.
Le Conservatoire du littoral (CdL), en partenariat avec les collectivités locales, met en place une politique foncière de sauvegarde de l’espace littoral. En 2025, il a sollicité le CBN de Brest afin de les accompagner dans la caractérisation et la gestion de plusieurs espaces naturels dont il est propriétaire.
Les sites de Malachappe et de la presqu’île de Merrien situés à Moëlan-sur-Mer (29) hébergent diverses végétations typiques du littoral finistérien dont des végétations de landes littorales. Pour adapter au mieux la gestion de ces espaces aux enjeux qu’ils représentent, le CBN de Brest a réalisé une visite de terrain avec le gestionnaire afin de dresser un bilan des opérations de gestion et de proposer des ajustements en faveur du maintien ou de la restauration de la biodiversité végétale.
Le site de Saint-Maurice situé à Clohars-Carnoët (29), et l’île d’Ilur située à Ile-d'Arz (56), comportent des végétations prairiales mais leur diversité, leur état de conservation, leur intérêt et les pratiques de gestion les plus adaptées à leur maintien ou leur restauration dans un bon état de conservation, étaient jusqu’alors peu connus. Pour répondre à cette demande, une méthode visant à caractériser d’un point de vue phytosociologique les prairies concernées, à mettre en évidence les enjeux de conservation associés, à les cartographier et à évaluer leur état a été mise en œuvre afin d’aboutir à des propositions de gestion cohérente par groupe d’unités de gestion homogène.

Photo 1 : Presqu’île de Merrien à Moëlan-sur-mer © Eva Burguin (CBN de Brest)
Photo 2 : Site de Malachappe à Moëlan-sur-mer © Eva Burguin (CBN de Brest)
Photo 3 : Saint-Maurice à Clohars-Carnoët © Eva Burguin (CBN de Brest)
Photo 4 : Île d’Ilur à Ile-d’Arz © Elise Laurent (CBN de Brest)
Le projet de sauvegarde et de valorisation de l’herbier du Frère Louis-Arsène poursuit sa progression. Début janvier 2026, un cap symbolique a été franchi : plus de 2 000 planches ont désormais été montées grâce à l’engagement constant des bénévoles mobilisés autour de ce patrimoine botanique exceptionnel.
Un herbier d’une valeur patrimoniale majeure
Conservé par le Conservatoire botanique national de Brest depuis 1989, l’herbier du Frère Louis-Arsène est un patrimoine scientifique et historique de tout premier plan. Il rassemble près de 15 000 planches, collectées sur plus d’un siècle (1840-1950) en Bretagne, en Europe, en Afrique du Nord et jusqu’au Canada.
Témoin de l’évolution de la flore et des pratiques botaniques, cet herbier est aujourd’hui fragilisé : le temps a déjà altéré certains spécimens et leurs étiquettes.
Agir aujourd’hui est indispensable pour préserver ce patrimoine avant qu’il ne soit trop tard.
Un projet ambitieux lancé en 2024
Depuis septembre 2024, le Conservatoire botanique national de Brest accompagné d’une équipe de bénévoles, œuvre à la conservation, à la valorisation et à la transmission de cet héritage. Les objectifs du projet sont clairement définis :
- Remise à plat et montage des planches sur papier au pH neutre,
- Reconditionnement pour une conservation à long terme,
À ce jour, 40 ateliers d’une demi-journée ont été organisés, permettant une progression régulière du traitement des échantillons et une montée en compétences des bénévoles.

Un cap symbolique franchi en janvier 2026
Au-delà de l’herbier, la mobilisation bénévole constitue le moteur du projet. Plus de 30 bénévoles se relaient chaque semaine pour monter, numériser et répertorier les planches. Leur engagement a permis d’atteindre, début janvier 2026, le seuil symbolique des 2 000 planches montées.
Parallèlement, 1 800 planches ont déjà été numérisées en haute résolution. La saisie des étiquettes, engagée fin novembre 2025, a permis l’enregistrement de 1 200 étiquettes, constituant un premier jeu de données (dates, lieux de récolte, taxons, botanistes). Ces informations ouvrent des perspectives prometteuses pour la valorisation scientifique de l’herbier et l’histoire de celui-ci.
Un projet soutenu par la Fondation du patrimoine, mais qui a besoin de vous
En septembre 2025, une convention de partenariat a été signée avec la Fondation du patrimoine, marquant une reconnaissance institutionnelle forte de l’intérêt patrimonial du projet. Une campagne de financement participatif a été lancée dans ce cadre afin de contribuer à un budget annuel de 20 000 € sur 3 ans.
À ce jour, la cagnotte a permis de réunir 12 373 €, incluant un prix attribué par la Fondation du patrimoine. Ce soutien financier est déterminant pour l’acquisition du matériel nécessaire, l’animation et la formation du groupe de bénévoles, ainsi que pour la poursuite des opérations de restauration dans la durée.
L’herbier du Frère Louis-Arsène n’est pas seulement un ensemble de plantes séchées : c’est un livre d’histoire naturelle à préserver et à transmettre pour les générations futures. En devenant bénévole ou en faisant un don, vous participez à une aventure scientifique, patrimoniale et humaine unique.
Comment nous aider ?
• Faites un don :à la Fondation du Patrimoine en ligne ou envoyez un chèque à Fondation du Patrimoine 55 rue Charles Nungesser - CS 20116 - 29802 BREST
• Devenez bénévole : rejoindre les ateliers de montage, de numérisation ou de saisie en envoyant un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Ensemble, sauvons ce patrimoine exceptionnel !
Pour suivre l’avancée du projet, inscrivez-vous à la newsletter du Conservatoire. La première lettre est déjà parue.
Armelle, bénévole depuis septembre 2025
Comment es-tu devenue bénévole sur le projet de l'herbier Louis-Arsène ?
Riveraine du vallon du Stang-Alar, c'est tout naturellement que je suis venue découvrir les herbiers présentés au public lors des Journées européennes du Patrimoine en septembre dernier. J'admirais pour la première fois des herbiers anciens et, en tant que novice, j'ai tout de suite été séduite non pas par leur dimension scientifique mais par l'esthétisme de ces ouvrages.
Sans la discussion avec une bénévole passionnée et convaincante, je n'aurais jamais imaginé avoir les compétences pour participer à l'atelier de restauration de l'herbier Louis-Arsène. C'est donc à l'issue de cette visite que je me suis inscrite pour intégrer ce projet.
Qu'est-ce qui te plaît particulièrement dans cette activité ?
L'accompagnement bienveillant de Claire et Laurence, ainsi que les conseils de bénévoles plus expérimentés, m'ont permis d'acquérir les techniques et de respecter les exigences liées au montage des planches. C'est une tâche que j'affectionne particulièrement. En effet, c'est un vrai plaisir non seulement de découvrir chaque échantillon, son nom, ses détails, le lieu et la date de son prélèvement, mais aussi de réfléchir à la meilleure façon de le positionner et de le fixer.
Participer à la sauvegarde de ce précieux patrimoine, dans une bonne ambiance, en compagnie de personnes venant d'horizons différents, est pour moi une expérience enrichissante et gratifiante.


