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Les Serres

D'une surface de 1000 m2, les serres de visite du Conservatoire botanique national de Brest abrite l'une des plus importantes collections de plantes en voie de disparition.

95 % des plantes présentées dans les serres sont menacées dans leurs milieux naturels. Ces plantes proviennent principalement des Dom-Tom et des îles du monde entier.

Ces serres divisées en quatre salles de 250 m2 chacune, évoquant des milieux exotiques reconstitués de façon spectaculaire :

Les montagnes tropicales humides,
Les îles océaniques subtropicales,
Les zones tropicales sèches,
Les forêts tropicales humides.
 

Extérieur des serres

L'accès aux serres est payant
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Des périodes spécifiques sont proposées aux groupes et aux individuels pour visiter les serres.



Les montagnes tropicales humides

Les régions tropicales abritent 46 % des montagnes de plus de 5000 mètres d'altitude.Des forêts tropicales humides, toujours baignées dans les nuages, s'y développent entre 1000 et 3000 mètres.




Vue de la serre des montagnes humides

Quelques exemples de plantes...

 

Cylindrocline commersonnii

Avec des tiges et des feuilles couvertes de poils denses, les Cylindroclines sont des plantes bien adaptées aux hautes pentes humides de l'île Maurice.

La destruction de leur milieu naturel et l'introduction du bétail ont gravement perturbé ces plantes.

Le Cylindrocline commersonii est aujourd'hui réduit à une petite population d'une quarantaine d'individus.

 

Cylindrocline commersonnii
     
Cylindrocline lorencei

L'autre espèce, le Cylindrocline lorencei, semble totalement éteinte en nature.

Sauvé in extremis de la disparition totale, il a pu être mis en culture à Brest grâce à un partenariat avec l'ISAMOR (Institut des Sciences Agro-alimentaires et du Monde Rural).
 

Cylindrocline lorencei
     

Dombeya cacuminum

L'agriculture sur brûlis cause des ravages considérables à Madagascar.

En plaine, toutes les terres favorables sont déjà exploitées et les paysans détruisent les forêts d'altitude qu'ils déboisent par le feu pour les mettre en culture.

Bien qu'ils sachent ce Dombeya très rare, les botanistes manquent d'informations précises pour évaluer correctement le nombre d'individus restant en nature.

 

Dombeya cacuminum
     

Hibiscadelphus giffardianus

Le dernier individu sauvage de cet arbre a disparu des forêts d'Hawaii en 1930.

Heureusement des graines en avaient été prélevées, et cet arbre a survécu en culture.

Son extinction totale en nature semble due en partie aux coulées de lave, mais également à l'introduction d'herbivores et à la destruction d'oiseaux qui assuraient la pollinisation de cette plante.

 


Hibiscadelphus giffardianus



Les îles océaniques subtropicales

Chacune des 500 000 îles qui existent sur Terre est un monde en miniature.

Les populations végétales et animales qu'elles abritent ont évolué de façon originale, pour donner des espèces endémiques (qui n'existent nulle part ailleurs). Elles offrent ainsi des renseignements précieux sur l'évolution des espèces.


Vue de la serre des îles subtropicales

Quelques exemples de plantes...

Hibiscus insularis

Cet arbre est endémique des îles Norfolk, c'est à dire qu'il est confiné à ce minuscule archipel situé au nord de la Nouvelle-Zélande.

En 1774, le capitaine Cook découvre ces îles, qui sont alors couvertes de forêts, et cet Hibiscus y est commun. En 1788 on y débarque du bétail pour assurer une réserve de viande aux équipages de passage.

En 1964 un botaniste anglais, venu étudier Norfolk, découvre une végétation anéantie par les herbivores introduits au siècle précédent. Seulement quatre pieds d'Hibiscus insularis avaient survécu.

 

Hibiscus insularis
   

Cheirolophus massonianus

Parce qu'elle n'avait pas été revue récemment en nature à Madère et à Porto Santo, cette plante apparentée aux asters était considérée comme éteinte. En 1995, les botanistes du Jardin Botanique de Funchal ont redécouvert cinq pieds de cette plante sur la côte Est de Porto Santo.

Les graines récoltées sur les arbustes ont permis de donner rapidement en culture plusieurs pieds au Conservatoire Botanqiue de Brest et à Funchal.
Si la multiplication se déroule bien, la réintroduction de cette plante sera envisageable.

Toutefois, les plants réintroduits devront faire l'objet d'une attention particulière si l'on ne veut pas voir disparaître de nouveau cette espèce à cause de la cueillette et du surpâturage.

 

Cheirolophus massonianus
     

Geranium maderense

Les plantes sauvages n'ont parfois aucun mal à rivaliser de beauté avec les plantes hybrides d'ornement.

C'est le cas de ce Geranium endémique de Madère dont la floraison est spectaculaire.

Bien qu'il soit multiplié par certains pépiniéristes cette espèce semble maintenant avoir totalement disparu de son milieu naturel.

 

Geranium maderense





Les zones tropicales sèches

Les zones sèches se caractérisent par des faibles pluies et des températures élevées.

Elles abritent une flore et une faune variées, très bien adaptées à ces conditions de vie difficiles.




Vue de la serre des zones tropicales sèches


Quelques exemples de plantes...

Brighamia insignis

Il n'existe que deux espèces différentes de Brighamia, toutes deux originaires des îles Hawaii.

Malgré sa forme étrange, cette plante appartient à la famille des campanules.

Une tige adaptée au stockage de l'eau et des feuilles cireuses pour limiter la transpiration lui permettent de se développer sur les versants secs.

Très localisée dans la nature, il est souhaitable de cultiver cette plante dans les Jardins Botaniques afin d'éviter sa disparition accidentelle en nature.

 

Brighamia insignis
   

Trochetia boutoniana

Il n'existe que quelques pieds de cet arbuste endémique de l'île Maurice localisés à un seul sommet.

Le semis naturel de cette plante semble compromis par les singes introduits par l'homme, qui s'attaquent aux boutons floraux et aux jeunes fruits.

Il faut espérer que la multiplication en culture permettra de sauver cette magnifique espèce ornementale qui est devenue la plante symbole de l'île Maurice.

 

Trochetia boutoniana
   

Limonium dendroides

Il ne reste que 11 pieds répertoriés de ce Limonium dans la nature aux îles Canaries.

Le Conservatoire botanique national de Brest est le premier jardin au monde à l'avoir cultivé, et pendant plusieurs années nous n'en possédions qu'un seul exemplaire. Malheureusement, l'arbre est autostérile : avec un seul plant il est impossible d'obtenir des graines.

 

Limonium dendroides


Dans un premier temps, avec l'aide du Conservatoire Botanique National de Porquerolles, ce sujet unique a été multiplié par culture in vitro. En 1991, une nouvelle mission aux Canaries a permis de rapporter de nouvelles graines qui ont donné 8 jeunes plants.

Actuellement des spécimens en provenance de Brest sont cultivés dans trois autres jardins botaniques.






Les forêts tropicales humides

Au début des années 1990, les forêts tropicales couvraient 10 millions de Km2, soit seulement 7 % de toutes les terres émergées de la planète.

Cependant on estime que ces forêts abritent la moitié des espèces vivant sur Terre.



Vue de la serre des zones tropicales humides

Quelques exemples de plantes...

Crinum mauritianum

Pour repousser les herbivores et les insectes parasites, les plantes des forêts tropicales sont souvent toxiques. Cependant, certains poisons synthétisés par les plantes peuvent aussi permettre à l'Homme de lutter contre des maladies graves.

Ainsi, différentes espèces de Crinum produisent des molécules utilisées en médecine. Ce Crinum, qui n'a pas encore fait l'objet de recherches pour évaluer son potentiel médicinal, est limité en nature à une petite population sur l'île Maurice.

Il a failli disparaître suite à la construction d'un barrage.

 

Crinum mauritianum
   

Hibiscus liliiflorus

La situation en nature de cet Hibiscus est très préoccupante.A l'heure actuelle, il semble éteint à l'île de la Réunion et il ne reste que deux individus en mauvaise santé sur l'île de Rodrigues.

La raréfaction de cet arbre est à mettre sur le compte de la destruction de son habitat naturel et de la surexploitation de son bois.

La culture de cet arbre dans les Conservatoires et les Jardins Botaniques laisse l'espoir d'éviter l'extinction totale de cet arbre et d'envisager, un jour, son retour en milieu naturel.

 

Hibiscus liliiflorus
   




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dernière mise à jour 01 septembre 2009