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Connaître la flore et les habitats

Toute action de préservation de la flore et de la végétation nécessite une bonne connaissance de la localisation des espèces et de leur niveau de rareté et de vulnérabilité.

Cette connaissance est fondamentale pour mettre en place des actions de préservation des habitats, pour édifier et mettre à jour des listes d'espèces végétales légalement protégées, ainsi que pour sauvegarder in situ des stations des espèces menacées.
C’est dans ce cadre que le Conservatoire Botanique fédère et anime un réseau d'observateurs (lien à faire vers « l’espace des Botanistes ») et centralise les informations floristiques dans une base de données consacrée à la flore des régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire.
Ces informations, nécessaires à la mise en oeuvre des politiques nationales et régionales de protection de la nature, sont mises à disposition de l'Etat et des collectivités territoriales.

Inventaire permanent de la flore sauvage


L’inventaire permanent de la flore sauvage est l’une des missions principales du Conservatoire botanique national de Brest. Il consiste à effectuer des observations floristiques de terrain sur l’ensemble du territoire d’agrément.
Une partie du personnel du Conservatoire est mobilisée en permanence afin d’accomplir cette mission. L’équipe chargée de ce travail est constamment soutenue par un réseau de botanistes bénévoles, correspondants du Conservatoire botanique national de Brest,  qui réalisent des inventaires floristiques en différents points du territoire.

Créé en 1991, ce réseau de bénévoles est animé localement par un responsable départemental. Ce soutien bénévole permet d’avoir un suivi régulier de l’évolution floristique et écologique des zones prospectées. Il est absolument indispensable à la réussite de l’inventaire permanent de la flore sauvage.

Le Conservatoire botanique national de Brest, au fur et à mesure des années de prospection, a engrangé et validé près de 2,1 millions d’observations floristiques sur l’ensemble de son territoire d’agrément.

L’accumulation d’une telle quantité d’informations nécessite un traitement informatique efficace afin que ces données ne soient pas perdues mais au contraire facilement consultables et utilisables.

Dans cette optique, les observations floristiques de terrain sont compilées dans une base de données spécialement créée à cet effet au début des années 1990 : la base Calluna.

Cet outil informatique permet de rassembler l’ensemble des données collectées depuis la création du Conservatoire botanique national de Brest dans une interface qui compile, pour chaque espèce de plante vasculaire observée, des informations essentielles telles que la date et le lieu précis de l’observation (commune, lieu dit, position géographique) et le nom de l’observateur.

Il est ainsi possible de réaliser pour chaque plante, des cartes de répartition à différentes échelles (voir exemple ci-dessous, donné pour Dryopteris aemula).

 

Narcisse des Glénans
Narcissus triandrus subsp. capax
( Photo : Mickael Mady)

La compilation de l’ensemble de ces données permet, notamment, de réaliser des atlas floristiques qui constituent de très bons documents de synthèse sur  la flore vasculaire.

Différentes possibilités de représentation de la
répartition d’un taxon (Dryopteris aemula)
 :

centroïde des stations
répartition par commune
répartition par maille


Par ailleurs, le Conservatoire botanique national de Brest édite et diffuse la revue E.R.I.C.A. (Echos du Réseau pour l’Inventaire et la Cartographie Armoricaine) qui fait régulièrement le point sur les découvertes récentes en matière de botanique dans les régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire et traite d’actualité botanique.


 Inventaire permanent en Bretagne

Depuis la création du Conservatoire botanique national de Brest, plus de 900 000 observations floristiques géoréférencées ont été collectées et intégrées à la base de données Calluna.

Le réseau d’observateurs pour l’inventaire permanent de la flore régionale comprend 215 collaborateurs pour la Bretagne. Grâce à leurs travaux, quatre atlas floristiques départementaux ont été publiés : Ille-et- Vilaine (Diard, 2005), Côtes-d’Armor (Philippon et al., 2006), Morbihan (Rivière, 2007), et Finistère (Quéré et al., 2008).

Les observations les plus remarquables notées en 2008 concernent des découvertes ou redécouvertes de nouvelles stations de Minuartia mediterranea, Papaver argemone, Falcaria vulgaris (à Crozon), Hieracium peleterianum, Equisetum variegatum (à Crozon – nouvelle espèce pour le Massif armoricain), Ammi majus (Trébabu) et Agrimonia procera (Riec sur Belon)

 

Prêle panachée
Equisetum variegatum Schleich

Publication pour la Bretagne :

Atlas publiés en Bretagne :
Diard L. 2005. La flore d’Ille-et-Vilaine. Editions Siloë
Philippon D., Prelli R., Poux L., 2006. La flore des Côtes d’Armor. Editions Siloë
Rivière G. 2007. La flore du Morbihan. Editions Siloë.
 Quéré E., Magnanon S., Ragot R., Gager L., Hardy L., 2008. La flore du Finistère. Editions Siloë


 Inventaire permanent en Pays de la Loire

Depuis sa création, l’inventaire permanent a permis de rapporter plus de 500 000 données floristiques dans la région Pays de la Loire. Six nouveaux correspondants ont rejoint le réseau de botanistes en 2007 et celui-ci compte désormais 130 collaborateurs réguliers. En 2007, c’est surtout le littoral de la Vendée et de la Loire-Atlantique qui a été prospecté. Quelques observations ont également eu lieu en Maine-et-Loire. Les observations les plus remarquables concernent :

En Mayenne :
découverte de nouvelles stations de Ranunculus ophioglossifolius, Arnoseris minima et Viola palustris
 

Sérapias à petites fleurs
Serapias parviflora
En Vendée :
découverte de Psilurus incurvus, confirmation de la présence de Carduncellus mitissimus et de Carex halleriana
En Loire-Atlantique :
les fougères sont à l’honneur dans ce département avec les découvertes de Cystopteris dickieana et Matteucia struthiopteris; notons également la découverte de Serapias parviflora
En Maine-et-Loire :
redécouverte de Carex halleriana, de Campanula persicifolia, Odontites jaubertiana; observation d’Equisetum hyemale

Publication pour les Pays de la Loire:

Atlas publiés en Pays de la Loire  :
Dupont P. 2001. Atlas floristique de la Loire-Atlantique et de la Vendée, état et avenir d’un patrimoine (2 vol.). Editions Siloë
 
Un atlas floristique pour le département de la Mayenne est également programmé pour 2009 en partenariat avec Mayenne nature environnement.


 Inventaire permanent en Basse-Normandie

En 2007, plus de 390 000 observations intégrées à la base Calluna du Conservatoire botanique national de Brest concernent la région Basse-Normandie. Une quarantaine de botanistes contribue régulièrement à l’inventaire de la flore de Basse-normandie au sein du réseau d’observateurs coordonné par le Conservatoire botanique national de Brest. Plusieurs observations remarquables ont été effectuées en 2007 dans la région :

la découverte d’un nouveau taxon pour la Basse-Normandie : Lophochloa cristata à Vauville dans la Manche ainsi qu’à Hérouville Saint-Clair dans le Calvados,  

Koelérie à crête
Lophochloa cristata (L.) Hyl.  

la découverte de la deuxième station régionale d’un lichen protégé en Basse-Normandie : Lobaria pulmonaria dans l’Orne,
la redécouverte de Potamogeton x zizii dans la mare de la réserve naturelle de Vauville dans la Manche,
la redécouverte d’Inula crithmoides dans le département du Calvados,
l’actualisation des données de l’espèce endémique de Normandie Senecio helenitis subsp. candidus sur les falaises littorales du Calvados,
la redécouverte de l’ancienne station de Nymphoides peltata dans l’Orne,
La redécouverte de stations d’Asplenium septentrionale dans le Calvados,
De nouvelles observations de Legousia hybrida.

Publication pour la Basse-Normandie:

Atlas publiés en Basse-Normandie  :
Provost M. 1993. Atlas des plantes vasculaires de Basse-Normandie - Version CD-ROM en 1998. Presse universitaire de Caen






Les plantes rares, menacées ou protégées

Afin de cerner les menaces et les enjeux pesant sur la flore sauvage indigène, de prioriser les actions à mettre en œuvre et d’établir des stratégies de conservation et d’amélioration des connaissances à court, moyen ou plus long terme, il est indispensable de connaître au préalable la situation de chacune des plantes sur notre territoire.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a élaboré une méthodologie standardisée permettant de réunir les éléments les plus objectifs possibles sur les menaces pesant actuellement sur la flore.

En 2014 et 2015, le CBN de Brest s’est emparé de cette méthode pour évaluer l’ensemble des taxons de flore vasculaire des 3 régions de son territoire d’agrément :

Liste rouge de la flore vasculaire de Basse-Normandie 2015
  Référence bibliographique : BOUSQUET T., MAGNANON S., BRINDEJONC O., 2015 - Liste rouge de la flore vasculaire de Basse-Normandie. Conseil régional de Basse-Normandie / DREAL Basse-Normandie / FEADER. Villers-Bocage : Conservatoire botanique national de Brest, 51 p.
Télécharger la liste rouge

Liste rouge de la flore vasculaire de Bretagne 2015
  Référence bibliographique : QUÉRÉ E., MAGNANON S., BRINDEJONC O., 2015 - Liste rouge de la flore vasculaire de Bretagne. Évaluation des menaces selon la méthodologie et la démarche de l’UICN. DREAL Bretagne / Conseil régional de Bretagne / FEDER. Brest : Conservatoire botanique national de Brest, 44 p., 3 annexes.
Télécharger la liste rouge

Liste rouge de la flore vasculaire des Pays de la Loire 2015
  Référence bibliographique : DORTEL F., MAGNANON S., BRINDEJONC O., 2015 - Liste rouge de la flore vasculaire des Pays de la Loire. Évaluation des menaces selon la méthodologie et la démarche de l’UICN. Conseil régional des Pays de la Loire / DREAL Pays de la Loire. Brest : Conservatoire botanique national de Brest, 53 p., annexes.
Télécharger la liste rouge
 

Les listes « rouges » ne sont pas des listes réglementaires s’imposant à la loi. Néanmoins, certaines espèces figurant sur les listes rouges sont protégées par la loi, soit sur l’ensemble du territoire national, soit uniquement dans certaines régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire :



Sur la base de ces listes, le Conservatoire botanique national de Brest réalise des suivis des plantes les plus vulnérables de son territoire d’agrément. Les priorités sont différentes pour chaque région.

Plantes vulnérables en Bretagne

En Bretagne, le Conservatoire botanique national de Brest a établi en 1998 une liste de 37 espèces végétales prioritaires en terme de conservation.

Des suivis de ces espèces s’inscrivent généralement dans la préparation ou la mise en œuvre de plans de conservation pour leur sauvegarde.

Une « liste rouge » des plantes rares et en régression vient par ailleurs dêtre finalisée pour la région Bretagne, ainsi que 4 listes rouges départementales (Morbihan, Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine). Ces listes sont dressées à la demande des conseils généraux afin d’aider ces organismes à prendre en compte la préservation des espèces les plus rares dans l’élaboration de leurs schémas départementaux des espaces naturels (ENS).

 

Astragale de Bayonne
Astragalus baionensis Loisel.

Parmi les plantes les plus rares de la région, figurent l’astragale de Bayonne (Astragalus baionensis), la petite centaurée à fleurs de scille (Centaurium scilloïde), le panicaut vivipare (Eryngium viviparum), le petit statice (Limonium humile), la lobélie de Dortmann (Lobelia dortmannia) l’ophrys brun (Ophrys fusca), la fritillaire pintade (Fritillaria meleagris)…

Liste des 37 espèces à très forte valeur patrimoniale pour la Bretagne
Espèces végétales protégées en Bretagne
Liste rouge de la flore vasculaire de Bretagne 2015



Plantes vulnérables en Pays de la Loire

En Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest réalise des suivis réguliers d’une vingtaine d’espèces considérées comme vulnérables, telles que l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), l’euphorbe de Séguier (Euphorbia seguierana subsp. Seguierana), l’orpin d’Angers (Sedum andegavense) ou encore la gagée de Bohème (Gagea bohemica subsp. Gallica).

Ces espèces font l’objet de plans de conservation mis en œuvre en partenariat avec les services de l’Etat et les collectivités territoriales.

Dans le cadre de la politique biodiversité de la Région des Pays de la Loire, le Conservatoire a effectué en 2007 un bilan détaillé des connaissances sur la flore de la région, ainsi qu’un bilan des enjeux de conservation de la flore en partenariat avec le Conservatoire botanique national du bassin parisien pour le département de la Sarthe.

Cette étude a permis d’élaborer une liste rouge de la flore vasculaire des Pays de la Loire.
 

Euphorbe de Séguier
(Euphorbia segueriana subsp. segueriana
plante protégée au niveau régional.
(Photo : Pascal Lacroix-Conservatoire botanique national de Brest),

 

Liste rouge de la flore vasculaire des Pays de la Loire 2015
Espèces végétales protégées en Pays de la Loire
La flore protégée des Pays de la Loire (site Internet)


Plantes vulnérables en Basse-Normandie

En Basse-Normandie, les espèces les plus vulnérables ont été identifiées en 2006 dans une liste de plantes rares et menacées de la région régulièrement mise à jour depuis.

Certaines de ces espèces ont bénéficié de l’élaboration d’un plan de conservation :

Obione pédonculée (Halimione pedunculata)

Ache rampante
Apium repens (Jacq.) Lag.
Gratiole officinale (Gratiola officinalis)
Laîche trinervée (Carex trinervis)
Linaire des sables (Linaria arenaria)
Diotis maritime (Otanthus maritimus)
Canneberge (Vaccinium oxycoccos)
Renoncule à feuilles de cerfeuil (Ranunculus paludosus)


D’autres font l’objet d’une veille dans le cadre d’un programme de suivi des espèces les plus menacées avec le soutien de la DREAL de Basse-Normandie, de la Région et de fonds FEDER. 103 espèces sont concernées par ce programme. C’est  le cas notamment de l’ache rampante (Apium repens), du rossolis des Anglais (Drosera anglica), du séneçon blanchâtre (Tephroseris helenitis subsp candida),  de l’asaret d'Europe (Asarum europaeum), du phégopteris faux-polypode (Phegopteris connectilis),  de la grassette commune (Pinguicula vulgaris) etc.  

Plan régional sur les messicoles

L’analyse des données de la flore de Basse-Normandie a mis en évidence la raréfaction des espèces messicoles (plantes des moissons) et des plantes remarquables des cultures notamment dans les départements du Calvados et de l’Orne favorables aux terres de culture.

Sous l’impulsion du CBN de Brest un programme pluriannuel de développement de la connaissance, de conservation et sensibilisation sur ce groupe d’espèces a été retenu dans le cadre de la stratégie pour la biodiversité de la Région Basse-Normandie.

Débutés en 2008 les travaux de ce plan sont actuellement axés sur :

 
des campagnes annuelles de prospection sur le terrain visant à étoffer la connaissance sur par territoires
l’établissement d’une liste des espèces messicoles de Basse-Normandie précisant leur statut
la sensibilisation des partenaires notamment agricoles
le développement de partenariats avec des collectivités impliquées dans la préservation de la biodiversité (parcs régionaux, conseils généraux).
 
Présentation de quelques messicoles bas normandes :

Adonis d’automne - Adonis annua L. subsp. Annua
Bleuet - Centaurea cyanus L.
Chrysanthème des moissons - Chrysanthemum segetum L.
Petite Spéculaire - Legousia hybrida (L.) Delarbre
Miroir de Vénus - Legousia speculum-veneris (L.) Chaix
Renoncule des champs - Ranunculus arvensis L.
Peigne de Vénus - Scandix pecten-veneris L. subsp. pecten-veneris


Ranunculus arvensis L.
renoncule des champs
(photo:J.Geslin)

Le plan « messicoles » est développé en Basse-Normandie en cohérence avec le plan national « messicoles » mis en place par le ministère en charge de la préservation de la biodiversité.


Liste rouge de la flore vasculaire de Basse-Normandie 2015
Espèces végétales protégées en Basse-Normandie




Les plantes invasives

Si certaines plantes sont devenues rares, d’autres au contraire montrent une tendance à proliférer fortement dans les zones où elles se développent. C’est notamment le cas des espèces exotiques introduites (volontairement ou non) dans nos régions.

Ces espèces introduites à partir d’autres régions du monde montrent parfois une dynamique d’extension telle qu’elles causent des dégâts aux communautés végétales locales (baisse de biodiversité) ou perturbent certaines activités économiques comme la pêche, la navigation, l’exploitation de l’eau potable. Ces espèces introduites à partir d’une autre zone géographique et se montrant envahissantes sont appelées des espèces invasives.

Face à l’ampleur du phénomène et à la demande croissante des gestionnaires, le Conservatoire botanique national de Brest a élaboré un document technique proposant à la fois des définitions et une clé de détermination des plantes introduites envahissantes dans les régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire. Ce document définit le cadre permettant de dresser, à l’échelle d’un territoire donné (le territoire d’agrément, une région, un département, etc.), des listes de plantes invasives, en distinguant 3 catégories de plantes :

les plantes invasives avérées
les plantes potentiellement invasives
les plantes à surveiller

Les plantes invasives des régions Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire - Avril 2016
  Référence bibliographique : GESLIN J., DORTEL F., QUÉRÉ E., WAYMEL J., MAGNANON S., 2016 - Les plantes invasives des régions Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire. Définitions et clé pour l'élaboration de listes de plantes "invasives avérées", "potentiellement invasives", ou "à surveiller" - version 3. Brest : Conservatoire botanique national de Brest, 23 p., annexe
Télécharger le document technique


Par ailleurs, un article paru dans la revue E.R.I.C.A. fait le point sur les définitions relatives aux espèces invasives et propose une première liste de plantes invasives et potentiellement invasives pour les régions Basse-Nomandie, Bretagne et Pays de la Loire.

Le Conservatoire botanique national de Brest et ses partenaires ont déjà élaboré des listes d’espèces invasives pour les trois régions de son territoire d’agrément. Elles s’appuient sur les connaissances du Conservatoire sur la situation de la flore dans cestrois régions ainsi que sur les données fournies par diverses synthèses régionales ou nationales.

Les invasions biologiques en Bretagne

Devant une attente croissante des administrations et des collectivités, le Conservatoire coordonne l’élaboration d’une liste des espèces végétales invasives de Bretagne. Cette liste est actualisée périodiquement en raison des évolutions très rapides de ces espèces sur le territoire.

Des membres du CSRPN, un chargé de mission de l’INRA de Rennes et les responsables départementaux de l’inventaire de la flore bretonne participent à l’élaboration de cette liste. Elle permet de contribuer aux réflexions sur la hiérarchisation des priorités d’intervention vis à vis des espèces invasives, aux mesures d’information en cours ou à venir et à la mise en place de cellules de suivi et de lutte contre les espèces invasives.

Liens utiles :
  Liste des plantes vasculaires invasives de Bretagne - Avril 2016:
Référence bibliographique : QUÉRÉ E., GESLIN J., 2016 - Liste des plantes vasculaires invasives de Bretagne. DREAL Bretagne / Région Bretagne. Brest : Conservatoire botanique national de Brest, 27 p., annexes.

  Plaquette d'information sur les plantes invasives dans le Finistère.

  Fiches sur les plantes invasives du Finistère :
    Les jussies
    Les renouées asiatiques
    L'herbe de la Pampa
    Le Myriophylle du Brésil
    Le Séneçon en arbre


Les invasions biologiques en Pays de la Loire

A la demande de la Région des Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest a élaboré, en collaboration avec le Comité régional pour la gestion des plantes exotiques envahissantes coordonné par la DIREN et le Conservatoire botanique national du Bassin Parisien (pour le département de la Sarthe), une liste de plantes invasives avérées, potentielles et de plantes à surveiller. Cette liste a été établie conformément à la méthode établie par le CBN de Brest pour l’ensemble de son territoire d’agrément (voir document technique sur les invasives).

Liens utiles :
  Liste des plantes vasculaires invasives en Pays de la Loire - Avril 2016:
Référence bibliographique : DORTEL F., GESLIN J., 2016 - Liste des plantes vasculaires invasives des Pays de la Loire. Liste 2015. DREAL Pays de la Loire. Nantes : Conservatoire botanique national de Brest, 36p., 3 annexes.

L'Antenne Pays de la Loire du CBN de Brest a également travaillé à la rédaction d'un plan de lutte régional contre l'Hydrocotyle fausse renoncule, classée comme invasive avérée émergente, et pour laquelle une action coordonnée des acteurs permettrait de viser l'éradication, la plante n'étant pour le moment connue que de 5 sites, tous situés en Loire-Atlantique.

Plan de lutte contre l’Hydrocotyle fausse-renoncule

Soutenue par la DREAL et la Région des Pays de la Loire, le CBN de Brest a été missionné pour réaliser un plan de lutte régional contre l’Hydrocotyle fausse-renoncule , visant à empêcher la diffusion de cette plante invasive émergente à l’ensemble des milieux humides de la région.

Découverte en 2007 à La Turballe (44), l’Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides L.f.) est une plante amphibie qui est maintenant présente sur 4 communes ligériennes, toutes situées en Loire-Atlantique. Son caractère envahissant est reconnu par  l’Organisation européenne pour la protection des plantes (O.E.P.P) qui l’a inscrite sur sa liste des organismes dits « de quarantaine ».

Le plan de lutte vise en premier lieu à évaluer le potentiel invasif de la plante dans la région, en étudiant les sites déjà colonisés, à fournir auprès des gestionnaires des préconisations visant l’éradication de la plante, et à proposer des mesures d’amélioration des connaissance et des mesures préventives pour mieux surveiller la progression de l’Hydrocotyle et éviter son introduction dans le milieu naturel.

Le Conservatoire botanique national de Brest assure la mise en œuvre de ce plan de lutte, en lien avec le Comité régional de gestion des plantes exotiques envahissantes, créé sous l’égide de la DREAL.

En cas de découverte d’une station d’Hydrocotyle fausse renoncule, merci d’envoyer photos et description à Fabien Dortel et à Roland Matrat de la DREAL pays de la Loire.


Phase estivale à feuilles émergées d’Hydrocotyle ranunculoides
(Saint Herblain (44), 2010)
Photo : Fabien Dortel




Les invasions biologiques en Basse-Normandie

Une première liste des espèces invasives avérées, potentielles et à surveiller a été élaborée pour la région Basse-Normandie en 2015 et validée par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de la région. Elle sert de base au recueil des observations sur le terrain. Celles ci permettront régulièrement en retour, de mettre à jour la connaissance sur la répartition, la progression ou la régression de ces espèces dans la région et donneront également des indications complémentaires sur la biologie et l’écologie des espèces. L’ensemble de ces informations est indispensable à la gestion et à l’anticipation du problème.

Liens utiles :
  Liste des plantes vasculaires invasives en Basse-Normandie - Avril 2016:
Référence bibliographique : WAYMEL J., BOUSQUET T., ZAMBETTAKIS C., GESLIN J., 2016 - Liste des plantes vasculaires invasives de Basse-Normandie 2016. DREAL Basse-Normandie / Conseil regional Normandie. Villers-Bocage : Conservatoire botanique national de Brest, 41 p.

Le Conservatoire a également élaboré des fiches pour 15 espèces invasives avérées ou potentielles en Basse-Normandie qui illustrent la problématique sur des cas concrets et fournissent un ensemble d’éléments indispensables à une démarche de régulation du phénomène dans le contexte bas normand. :

Ambroisie à feuilles d’armoise

Ambroisia artemisiifolia L.

Baccharis à feuilles d'arroche

Baccharis halimifolia L.

Berce du Caucase, berce géante

Heracleum mantegazzianum Somm. & Lev.

Crassule de Helms

Crassula helmsii (Kirk) Cockayne

Griffes de sorcières

Carpobotrus (L) N.E. Br - Carpobotrus acinaformis (L.) L. Bolus

Herbe de la Pampa

Cortaderia selloana (Schult. & Schult.F.) Asch. & Graebn

Impatience de l'Himalaya

Impatiens glandulifera Royle

Jussie

Ludwigia uruguayensis (Camb.) Hara

Lagarosiphon

Lagarosiphon major (Ridley) Moss

Lentille d'eau minuscule

Lemna minuta Humb., Bonpl. & Kunth.

Myriophylle du Brésil

Myriophyllum aquaticum (Velloso) Verdcourt

Renouée du Japon

Reynoutria japonica Houtt.

Rhododendron pontique

Rhododendron ponticum L.

Séneçon du cap

Senecio inaequidens (DC)

Vergerette du Canada

Conyza canadensis (L.) Cranq.

 

Quelques exemples d’espèces invasives

Le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum):

Espèce importée par les aquariophiles, présente des caractéristiques de comportements similaires à la jussie dans les milieux naturels.

La jussie et le myriophylle du Brésil sont des "espèces invasives avérées". Le Baccharis à feuilles d’arroche (Baccharis halimifolia), les grandes renouées (Fallopia sp. et Reynoutria sp.) font également partie de cette catégorie de plantes.
 

Myriophylle du Brésil
(Myriophyllum aquaticum (Velloso) Verdc.)
(Photo : Jean Le Bail-Conservatoire botanique national de Brest)
Le Buddleja du père David (Buddleja davidii)

Espèce faisant partie de la famille des Buddjelacées. Il fut introduit de Chine et largement planté dans les jardins européens. Depuis quelques décennies, cette plante se développe particulièrement dans les friches urbaines et autres zones remaniées.

Sur le territoire d’agrément du CBN de Brest, cet arbuste a été classé comme "espèce invasive potentielle" dans la mesure où il n’est que très peu présent dans les milieux naturels et qu’il porte peu atteinte à leur biodiversité. Sur le territoire d’agrément du Conservatoire botanique national de Brest, une vingtaine d’espèces appartiennent à cette catégorie des "invasives potentielles", parmi lesquelles, le séneçon du Cap (Senecio inaequidens).

 

Séneçon du Cap
(Senecio inaequidensDC.)
(Photo : Jean Le Bail-Conservatoire botanique national de Brest)

La Berce du Caucase
(Heracleum mantegazzianum)

Espèce Ombellière (Apiacée) originaire d’Asie mineure qui atteint plus de deux mètres de hauteur. Elle forme quelques peuplements denses, notamment dans la Sarthe. Elle a pour particularité de causer des impacts importants sur la santé humaine en provoquant des brûlures plus ou moins sérieuses par contact avec la peau, surtout si celle-ci est par la suite exposée au soleil.

En Bretagne, cette plante fait partie des "espèces à surveille"r tout comme la vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia), le bident à feuilles connées (Bidens connata), l’aster de Virginie (Aster novii-belgii). Elle est déjà classée comme "espèce invasive potentielle" en Basse-Normandie.
 

Berce du Caucase
(Heracleum mantegazzianum Somm. & Lev.)
(Photo : Hermann Guitton-Conservatoire botanique national de Brest N004587)


 

Connaissance des habitats

Le Conservatoire botanique national de Brest a mis en place, depuis 1999, un travail d’inventaire et de cartographie des habitats. Ce travail, surtout réalisé sur les sites Natura 2000, consiste à décrire et à localiser les communautés d’espèces végétales. L’objectif est ainsi de fournir des cartes de localisation des différents habitats naturels et semi-naturels aux gestionnaires de ces espaces afin qu’ils puissent établir des plans de gestion des sites tenant compte de la nature et de la sensibilité des différents habitats recensés.

Malgré ce travail, certains habitats sont encore mal connus, et bien souvent, on ne sait pas, en dehors des sites Natura 2000 et de quelques sites protégés, où se situent précisément les enjeux en termes de conservation des habitats.

Pourtant, outre leur intérêt scientifique, les cartes d’habitats naturels précises sont indispensables aux gestionnaires des sites naturels. Elles mettent en évidence les différentes végétations et apportent des éléments indispensables pour comprendre l’évolution et le fonctionnement des milieux et des paysages.

Le Conservatoire botanique national de Brest s’est donc donné pour objectif de mettre en place un catalogue et un référentiel des habitats naturels et semi-naturels sur son territoire d’agrément. Ce travail pourrait servir de référence dans le cadre de la mise en place d’un observatoire des habitats au niveau inter-régional.

 

Dépressions humides arrière-dunaires à Audierne
© Loïc Ruellan Cbn-Brest 25 avril 08 283

Liens utiles :
  Les habitats présents en Bretagne
  Les habitats présents en Pays de la Loire
  Les habitats présents de Basse-Normandie
  Le réseau Natura 2000
  Directive Habitat



Connaissance des habitats en Bretagne


La DIREN confie au Conservatoire botanique national de Brest, depuis 2000, l'animation d'un "pôle de compétences et d'expertises sur les milieux naturels de Bretagne" dont les missions consistent à :

Améliorer la connaissance sur les milieux naturels du territoire d’agrément ;

Coordonner les inventaires et cartographies des habitats terrestres et des habitats d'espèces végétales dans les sites Natura 2000 de Bretagne ;

Constituer et gérer une base de données régionale sur les habitats naturels et habitats d'espèces végétales des sites Natura 2000 de Bretagne ;

Participer en tant qu’expert "habitats terrestres et flore" au réseau Natura 2000 constitué par les administrations et les opérateurs chargés de l'élaboration du document d'objectifs.

 

Lande Littorale
(Site Natrura 2000 de Belle-île)


Le Conservatoire botanique national de Brest avec son pôle de compétences et d'expertises se trouve ainsi au contact des chargés d'inventaire et de cartographie des habitats qui travaillent à l'échelle d'un site et des services de l'Etat qui travaillent à l'échelle régionale.

Depuis 2000, le Conservatoire botanique national de Brest a intégré à sa base de données près de 40  cartographies d’habitats réalisées à l’échelle 1/5000 ème dans des sites Natura 2000 en Bretagne.

 
Connaissance des habitats en Pays de la Loire

Dans le cadre de la mise en place du réseau Natura 2000 en Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest effectue depuis 2006, auprès de la DIREN et de ses partenaires, un accompagnement à l’amélioration de la connaissance et à la cartographie des habitats naturels et semi-naturels.

Il intervient en appui méthodologique aux organismes chargés par la DIREN de la cartographie et de la rédaction des documents d’objectifs, mais a aussi réalisé lui-même des cartographies (500 ha sur le site de la Grande Brière, en Loire-Atlantique et 500 ha sur celui de la Vallée de la Loire de Nantes aux Ponts-de-Cé, en Maine-et-Loire).

Le Conservatoire approfondit la connaissance de certains habitats difficiles à appréhender ou mal connus.

En 2006, il a travaillé sur l’habitat des « Prairies maigres de fauche de basse-altitude (Alopecurus pratensis, Sanguisorba officinalis) » (code Natura 2000 = 6510) et en 2007, sur les « Pelouses xériques de sables calcaires » (code Natura 2000 = 6210).
 

Vallée de la Divatte
(La Chapelle-Basse-Mer)
Photo : Jean Le Bail

Le Conservatoire a effectué en 2007 des études phytosociologiques, associées à une cartographie des habitats de deux sites candidats à la labellisation en tant que Réserves Naturelles Régionales : sur les coteaux de Pont-Barré (8 ha),dans le Maine-et-Loire (commune de Beaulieu-sur-Layon), à la demande de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, et sur le Polder de Sébatopol (130 ha), en Vendée (commune de Barbâtre), à la demande de la Communauté de communes de Noirmoutier.

Connaissance des habitats en Basse Normandie

Depuis 2005, le Conservatoire botanique national de Brest travaille étroitement avec la DIREN dans le but d’harmoniser les cartographies déjà réalisées dans les sites d'intérêt communautaire de Basse-Normandie. Il a réalisé des cartographies d’habitats sur certains sites dont :

la Grande Ile de Chausey
les Caps et marais arrière-littoraux de Barfleur au Cap Lévi et Bassin de la Souleuvre
la Baie du Mont-Saint-Michel
 

Extrait de la cartographie des habitats de prés salés de la Baie du Mont Saint-Michel

Mais l’action du CBN est surtout orientée sur un soutien méthodologique et scientifiques aux diverses structures en charge de réaliser les cartographies des habitats naturels  des sites d'intérêt communautaire ou de réserves naturelles nationales :

Coteau d’Omméel (61)
Landes et havres de St Germain sur Ay (50)
Massif d’Héauville-Vauville (50)
Réserve Naturelle de Beauguillot (50)

En 2008, l'antenne bas-normande du Conservatoire botanique national de Brest a également participé aux cartographies de l'état de référence des habitats côtiers en apportant un appui méthodologique au Conservatoire du Littoral.



 
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dernière mise à jour 01 septembre 2009