Connaître la flore et les habitats
Toute action de préservation de la flore et de la végétation nécessite une bonne connaissance de la localisation des espèces et de leur niveau de rareté et de vulnérabilité.
Cette connaissance est fondamentale pour mettre en place des actions de préservation des habitats, pour édifier et mettre à jour des listes d'espèces végétales légalement protégées, ainsi que pour sauvegarder in situ des stations des espèces menacées.
C’est dans ce cadre que le Conservatoire Botanique fédère et anime un réseau d'observateurs (lien à faire vers « l’espace des Botanistes ») et centralise les informations floristiques dans une base de données consacrée à la flore des régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire.
Ces informations, nécessaires à la mise en oeuvre des politiques nationales et régionales de protection de la nature, sont mises à disposition de l'Etat et des collectivités territoriales.
L’inventaire permanent de la flore sauvage est l’une des missions principales du Conservatoire botanique national de Brest. Il consiste à effectuer des observations floristiques de terrain sur l’ensemble du territoire d’agrément.
Une partie du personnel du Conservatoire est mobilisée en permanence afin d’accomplir cette mission. L’équipe chargée de ce travail est constamment soutenue par un réseau de botanistes bénévoles, correspondants du Conservatoire botanique national de Brest, qui réalisent des inventaires floristiques en différents points du territoire.
Créé en 1991, ce réseau de bénévoles est animé localement par un responsable départemental. Ce soutien bénévole permet d’avoir un suivi régulier de l’évolution floristique et écologique des zones prospectées. Il est absolument indispensable à la réussite de l’inventaire permanent de la flore sauvage.
Le Conservatoire botanique national de Brest, au fur et à mesure des années de prospection, a engrangé et validé près de 2,1 millions d’observations floristiques sur l’ensemble de son territoire d’agrément.
L’accumulation d’une telle quantité d’informations nécessite un traitement informatique efficace afin que ces données ne soient pas perdues mais au contraire facilement consultables et utilisables.
Dans cette optique, les observations floristiques de terrain sont compilées dans une base de données spécialement créée à cet effet au début des années 1990 : la base Calluna.
Cet outil informatique permet de rassembler l’ensemble des données collectées depuis la création du Conservatoire botanique national de Brest dans une interface qui compile, pour chaque espèce de plante vasculaire observée, des informations essentielles telles que la date et le lieu précis de l’observation (commune, lieu dit, position géographique) et le nom de l’observateur.
Il est ainsi possible de réaliser pour chaque plante, des cartes de répartition à différentes échelles (voir exemple ci-dessous, donné pour Dryopteris aemula).
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Narcisse des Glénans
Narcissus triandrus subsp. capax
( Photo : Mickael Mady) |
La compilation de l’ensemble de ces données permet, notamment, de réaliser des atlas floristiques qui constituent de très bons documents de synthèse sur la flore vasculaire.
Par ailleurs, le Conservatoire botanique national de Brest édite et diffuse la revue ERICA (Echos du Réseau pour l’Inventaire et la Cartographie Armoricaine) qui fait régulièrement le point sur les découvertes récentes en matière de botanique dans les régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire et traite d’actualité botanique.
Depuis la création du Conservatoire botanique national de Brest, plus de 900 000 observations floristiques géoréférencées ont été collectées et intégrées à la base de données Calluna.
Le réseau d’observateurs pour l’inventaire permanent de la flore régionale comprend 215 collaborateurs pour la Bretagne. Grâce à leurs travaux, quatre atlas floristiques départementaux ont été publiés : Ille-et- Vilaine (Diard, 2005), Côtes-d’Armor (Philippon et al., 2006), Morbihan (Rivière, 2007), et Finistère (Quéré et al., 2008).
Les observations les plus remarquables notées en 2008 concernent des découvertes ou redécouvertes de nouvelles stations de Minuartia mediterranea, Papaver argemone, Falcaria vulgaris (à Crozon), Hieracium peleterianum, Equisetum variegatum (à Crozon – nouvelle espèce pour le Massif armoricain), Ammi majus (Trébabu) et Agrimonia procera (Riec sur Belon) |
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Prêle panachée
Equisetum variegatum Schleich |
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Diard L. 2005. La flore d’Ille-et-Vilaine. Editions Siloë |
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Philippon D., Prelli R., Poux L., 2006. La flore des Côtes d’Armor. Editions Siloë |
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Rivière G. 2007. La flore du Morbihan. Editions Siloë. |
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Quéré E., Magnanon S., Ragot R., Gager L., Hardy L., 2008. La flore du Finistère. Editions Siloë |
Depuis sa création, l’inventaire permanent a permis de rapporter plus de 500 000 données floristiques dans la région Pays de la Loire. Six nouveaux correspondants ont rejoint le réseau de botanistes en 2007 et celui-ci compte désormais 130 collaborateurs réguliers. En 2007, c’est surtout le littoral de la Vendée et de la Loire-Atlantique qui a été prospecté. Quelques observations ont également eu lieu en Maine-et-Loire. Les observations les plus remarquables concernent :
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découverte de nouvelles stations de Ranunculus ophioglossifolius, Arnoseris minima et Viola palustris |
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Sérapias à petites fleurs
Serapias parviflora |
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découverte de Psilurus incurvus, confirmation de la présence de Carduncellus mitissimus et de Carex halleriana |
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les fougères sont à l’honneur dans ce département avec les découvertes de Cystopteris dickieana et Matteucia struthiopteris; notons également la découverte de Serapias parviflora |
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redécouverte de Carex halleriana, de Campanula persicifolia, Odontites jaubertiana; observation d’Equisetum hyemale |

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Dupont P. 2001. Atlas floristique de la Loire-Atlantique et de la Vendée, état et avenir d’un patrimoine (2 vol.). Editions Siloë |
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En 2007, plus de 390 000 observations intégrées à la base Calluna du Conservatoire botanique national de Brest concernent la région Basse-Normandie. Une quarantaine de botanistes contribue régulièrement à l’inventaire de la flore de Basse-normandie au sein du réseau d’observateurs coordonné par le Conservatoire botanique national de Brest. Plusieurs observations remarquables ont été effectuées en 2007 dans la région :

Le travail préliminaire d’acquisition des connaissances sur l’ensemble des plantes (sauf les mousses, algues et lichens) des régions Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire a permis, grâce à l’analyse des données, de réaliser un travail de hiérarchisation de la flore vasculaire et de définir les principaux enjeux de conservation des espèces végétales sauvages présentes dans ces régions.
L’ensemble de ces travaux débouche sur l’élaboration de listes d’espèces rares et en régression, dénommées « listes rouges ». Sur la base de ces listes, le Conservatoire botanique national de Brest établit des programmes d’actions de conservation ou de suivi, en relation avec ses partenaires. Les priorités sont différentes pour chaque région.
Les listes « rouges » ne sont pas des listes réglementaires s’imposant à la loi. Néanmoins, certaines espèces figurant sur les listes rouges sont protégées par la loi, soit sur l’ensemble du territoire national, soit uniquement dans certaines régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire :
Sur la base de ces listes, le Conservatoire botanique national de Brest réalise des suivis des plantes les plus vulnérables de son territoire d’agrément. Les priorités sont différentes pour chaque région.
En Bretagne, le Conservatoire botanique national de Brest a établi en 1998 une liste de 37 espèces végétales prioritaires en terme de conservation.
Des suivis de ces espèces s’inscrivent généralement dans la préparation ou la mise en œuvre de plans de conservation pour leur sauvegarde.
Une « liste rouge » des plantes rares et en régression vient par ailleurs dêtre finalisée pour la région Bretagne, ainsi que 4 listes rouges départementales (Morbihan, Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine). Ces listes sont dressées à la demande des conseils généraux afin d’aider ces organismes à prendre en compte la préservation des espèces les plus rares dans l’élaboration de leurs schémas départementaux des espaces naturels (ENS).
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Astragale de Bayonne
Astragalus baionensis Loisel. |
Parmi les plantes les plus rares de la région, figurent l’astragale de Bayonne (Astragalus baionensis), la petite centaurée à fleurs de scille (Centaurium scilloïde), le panicaut vivipare (Eryngium viviparum), le petit statice (Limonium humile), la lobélie de Dortmann (Lobelia dortmannia) l’ophrys brun (Ophrys fusca), la fritillaire pintade (Fritillaria meleagris)…
En Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest réalise des suivis réguliers d’une vingtaine d’espèces considérées comme vulnérables, telles que l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), l’euphorbe de Séguier (Euphorbia seguierana subsp. Seguierana), l’orpin d’Angers (Sedum andegavense) ou encore la gagée de Bohème (Gagea bohemica subsp. Gallica).
Ces espèces font l’objet de plans de conservation mis en œuvre en partenariat avec les services de l’Etat et les collectivités territoriales.
Dans le cadre de la politique biodiversité de la Région des Pays de la Loire, le Conservatoire a effectué en 2007 un bilan détaillé des connaissances sur la flore de la région, ainsi qu’un bilan des enjeux de conservation de la flore en partenariat avec le Conservatoire botanique national du bassin parisien pour le département de la Sarthe.
Cette étude a permis d’élaborer une liste rouge de la flore vasculaire des Pays de la Loire. |
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Euphorbe de Séguier
(Euphorbia segueriana subsp. segueriana
plante protégée au niveau régional.
(Photo : Pascal Lacroix-Conservatoire botanique national de Brest), |
Le Conservatoire botanique national de Brest a mis en place, depuis 1999, un travail d’inventaire et de cartographie des habitats. Ce travail, surtout réalisé sur les sites Natura 2000, consiste à décrire et à localiser les communautés d’espèces végétales. L’objectif est ainsi de fournir des cartes de localisation des différents habitats naturels et semi-naturels aux gestionnaires de ces espaces afin qu’ils puissent établir des plans de gestion des sites tenant compte de la nature et de la sensibilité des différents habitats recensés.
Malgré ce travail, certains habitats sont encore mal connus, et bien souvent, on ne sait pas, en dehors des sites Natura 2000 et de quelques sites protégés, où se situent précisément les enjeux en termes de conservation des habitats.
Pourtant, outre leur intérêt scientifique, les cartes d’habitats naturels précises sont indispensables aux gestionnaires des sites naturels. Elles mettent en évidence les différentes végétations et apportent des éléments indispensables pour comprendre l’évolution et le fonctionnement des milieux et des paysages.
Le Conservatoire botanique national de Brest s’est donc donné pour objectif de mettre en place un catalogue et un référentiel des habitats naturels et semi-naturels sur son territoire d’agrément. Ce travail pourrait servir de référence dans le cadre de la mise en place d’un observatoire des habitats au niveau inter-régional. |
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Dépressions humides arrière-dunaires à
Audierne
© Loïc Ruellan Cbn-Brest 25 avril 08 283 |
La DIREN confie au Conservatoire botanique national de Brest, depuis 2000, l'animation d'un "pôle de compétences et d'expertises sur les milieux naturels de Bretagne" dont les missions consistent à :
 Améliorer la connaissance sur les milieux naturels du territoire d’agrément ;
 Coordonner les inventaires et cartographies des habitats terrestres et des habitats d'espèces végétales dans les sites Natura 2000 de Bretagne ;
 Constituer et gérer une base de données régionale sur les habitats naturels et habitats d'espèces végétales des sites Natura 2000 de Bretagne ;
 Participer en tant qu’expert "habitats terrestres et flore" au réseau Natura 2000 constitué par les administrations et les opérateurs chargés de l'élaboration du document d'objectifs.
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Lande Littorale
(Site Natrura 2000 de Belle-île) |
Le Conservatoire botanique national de Brest avec son pôle de compétences et d'expertises se trouve ainsi au contact des chargés d'inventaire et de cartographie des habitats qui travaillent à l'échelle d'un site et des services de l'Etat qui travaillent à l'échelle régionale.
Depuis 2000, le Conservatoire botanique national de Brest a intégré à sa base de données près de 40 cartographies d’habitats réalisées à l’échelle 1/5000 ème dans des sites Natura 2000 en Bretagne.
Dans le cadre de la mise en place du réseau Natura 2000 en Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest effectue depuis 2006, auprès de la DIREN et de ses partenaires, un accompagnement à l’amélioration de la connaissance et à la cartographie des habitats naturels et semi-naturels.
Il intervient en appui méthodologique aux organismes chargés par la DIREN de la cartographie et de la rédaction des documents d’objectifs, mais a aussi réalisé lui-même des cartographies (500 ha sur le site de la Grande Brière, en Loire-Atlantique et 500 ha sur celui de la Vallée de la Loire de Nantes aux Ponts-de-Cé, en Maine-et-Loire).
Le Conservatoire approfondit la connaissance de certains habitats difficiles à appréhender ou mal connus.
En 2006, il a travaillé sur l’habitat des « Prairies maigres de fauche de basse-altitude ( Alopecurus pratensis, Sanguisorba officinalis) » (code Natura 2000 = 6510) et en 2007, sur les « Pelouses xériques de sables calcaires » (code Natura 2000 = 6210). |
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Vallée de la Divatte
(La Chapelle-Basse-Mer)
Photo : Jean Le Bail |
Le Conservatoire a effectué en 2007 des études phytosociologiques, associées à une cartographie des habitats de deux sites candidats à la labellisation en tant que Réserves Naturelles Régionales : sur les coteaux de Pont-Barré (8 ha),dans le Maine-et-Loire (commune de Beaulieu-sur-Layon), à la demande de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, et sur le Polder de Sébatopol (130 ha), en Vendée (commune de Barbâtre), à la demande de la Communauté de communes de Noirmoutier.
Depuis 2005, le Conservatoire botanique national de Brest travaille étroitement avec la DIREN dans le but d’harmoniser les cartographies déjà réalisées dans les sites d'intérêt communautaire de Basse-Normandie. Il a réalisé des cartographies d’habitats sur certains sites dont :
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la Grande Ile de Chausey |
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les Caps et marais arrière-littoraux de Barfleur au Cap Lévi et Bassin de la Souleuvre |
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la Baie du Mont-Saint-Michel |
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Extrait de la cartographie des habitats de prés salés de la Baie du Mont Saint-Michel |
Mais l’action du CBN est surtout orientée sur un soutien méthodologique et scientifiques aux diverses structures en charge de réaliser les cartographies des habitats naturels des sites d'intérêt communautaire ou de réserves naturelles nationales :
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Coteau d’Omméel (61) |
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Landes et havres de St Germain sur Ay (50) |
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Massif d’Héauville-Vauville (50) |
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Réserve Naturelle de Beauguillot (50) |
En 2008, l'antenne bas-normande du Conservatoire botanique national de Brest a également participé aux cartographies de l'état de référence des habitats côtiers en apportant un appui méthodologique au Conservatoire du Littoral.
Si certaines plantes sont devenues rares, d’autres au contraire montrent une tendance à proliférer fortement dans les zones où elles se développent. C’est notamment le cas des espèces exotiques introduites (volontairement ou non) dans nos régions.
Ces espèces introduites à partir d’autres régions du monde montrent parfois une dynamique d’extension telle qu’elles causent des dégâts aux communautés végétales locales (baisse de biodiversité) ou perturbent certaines activités économiques comme la pêche, la navigation, l’exploitation de l’eau potable. Ces espèces introduites à partir d’une autre zone géographique et se montrant envahissantes sont appelées des espèces invasives.
Face à l’ampleur du phénomène et à la demande croissante des gestionnaires, le Conservatoire botanique national de Brest a élaboré un document technique proposant à la fois des définitions et une clé de détermination des plantes introduites envahissantes dans les régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire. Ce document définit le cadre permettant de dresser, à l’échelle d’un territoire donné (le territoire d’agrément, une région, un département, etc.), des listes de plantes invasives, en distinguant 3 catégories de plantes :
les plantes invasives avérées |
les plantes potentiellement invasives |
les plantes à surveiller |
Par ailleurs, un article paru dans la revue ERICA fait le point sur les définitions relatives aux espèces invasives et propose une première liste de plantes invasives et potentiellement invasives pour les régions Basse-Nomandie, Bretagne et Pays de la Loire.
Le Conservatoire botanique national de Brest et ses partenaires ont déjà élaboré des listes d’espèces invasives pour les trois régions de son territoire d’agrément. Elles s’appuient sur les connaissances du Conservatoire sur la situation de la flore dans ces trois régions ainsi que sur les données fournies par diverses synthèses régionales ou nationales.
Devant une attente croissante des administrations et des collectivités, le Conservatoire a
coordonné l’élaboration d’une liste des espèces végétales invasives de Bretagne (Magnanon et al., 2007). Cette liste doit être actualisée périodiquement en raison des évolutions très rapides de ces espèces sur le territoire.
Des membres du CSRPN, un chargé de mission de l’INRA de Rennes et les responsables départementaux de l’inventaire de la flore bretonne ont participé à l’élaboration de cette liste. Elle permet de contribuer aux réflexions sur la hiérarchisation des priorités d’intervention vis à vis des espèces invasives, aux mesures d’information en cours ou à venir et à la mise en place de cellules de suivi et de lutte contre les espèces invasives.
Cette liste a été validée par le CSRPN Bretagne en octobre 2007.
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A la demande de la Région des Pays de la Loire, le Conservatoire botanique national de Brest a élaboré, en collaboration avec d’une part le Comité régional pour la gestion des plantes exotiques envahissantes coordonné par la DIREN et, d’autre part, le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien (pour le département de la Sarthe) une liste de plantes invasives. Cette liste a été établie conformément à la méthode établie par le Conservatoire pour l’ensemble de son territoire d’agrément (voir document technique du CBN sur les invasives). 95 plantes figurent dans cette liste (dont 18 sont invasives avérées) mettant en évidence l’acuité du problème
Une première liste des espèces invasives avérées, potentielles et à surveiller, a été élaborée pour la région Basse-Normandie en 2008 et validée par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de la région. Elle sert de base au recueil des observations sur le terrain. Celles ci permettront régulièrement en retour, de mettre à jour la connaissance sur la répartition, la progression ou la régression de ces espèces dans la région et donneront également des indications complémentaires sur la biologie et l’écologie des espèces. L’ensemble de ces informations est indispensable à la gestion et à l’anticipation du problème.
Le Conservatoire a également élaboré des fiches pour 15 espèces invasives avérées ou potentielles en Basse-Normandie qui illustrent la problématique sur des cas concrets et fournissent un ensemble d’éléments indispensables à une démarche de régulation du phénomène dans le contexte bas normand. :
Le myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum):
Espèce importée par les aquariophiles, présente des caractéristiques de comportements similaires à la jussie dans les milieux naturels.
La jussie et le myriophylle du Brésil sont des "espèces invasives avérées". Le Baccharis à feuilles d’arroche (Baccharis halimifolia), les grandes renouées (Fallopia sp. et Reynoutria sp.) font également partie de cette catégorie de plantes.
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Myriophylle du Brésil
(Myriophyllum aquaticum (Velloso) Verdc.)
(Photo : Jean Le Bail-Conservatoire botanique national de Brest) |
Le Buddleja du père David (Buddleja davidii)
Espèce faisant partie de la famille des Buddjelacées. Il fut introduit de Chine et largement planté dans les jardins européens. Depuis quelques décennies, cette plante se développe particulièrement dans les friches urbaines et autres zones remaniées.
Sur le territoire d’agrément du CBN de Brest, cet arbuste a été classé comme "espèce invasive potentielle" dans la mesure où il n’est que très peu présent dans les milieux naturels et qu’il porte peu atteinte à leur biodiversité. Sur le territoire d’agrément du Conservatoire botanique national de Brest, une vingtaine d’espèces appartiennent à cette catégorie des "invasives potentielles", parmi lesquelles, le séneçon du Cap (Senecio inaequidens).
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Séneçon du Cap
(Senecio inaequidensDC.)
(Photo : Jean Le Bail-Conservatoire botanique national de Brest) |
La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
Espèce Ombellière (Apiacée) originaire d’Asie mineure qui atteint plus de deux mètres de hauteur. Elle forme quelques peuplements denses, notamment dans la Sarthe. Elle a pour particularité de causer des impacts importants sur la santé humaine en provoquant des brûlures plus ou moins sérieuses par contact avec la peau, surtout si celle-ci est par la suite exposée au soleil.
En Bretagne, cette plante fait partie des "espèces à surveille"r tout comme la vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia), le bident à feuilles connées (Bidens connata), l’aster de Virginie (Aster novii-belgii). Elle est déjà classée comme "espèce invasive potentielle" en Basse-Normandie.
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Berce du Caucase
(Heracleum mantegazzianum Somm. & Lev.)
(Photo : Hermann Guitton-Conservatoire botanique national de Brest N004587)
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