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La conservation in-situ

La conservation in-situ vise à sauvegarder les populations naturelles des espèces et à maintenir leurs biotopes sur les sites mêmes où elles se trouvent. C’est l'objectif final poursuivi par tous les Conservatoires agréés.
Pour cela, différents moyens sont utilisés, comme l'information des propriétaires et des gestionnaires de terrain abritant des espèces rares, ou la proposition de mesures réglementaires de protection des espèces.
Une manière très efficace de conserver les populations d’espèces menacées in-situ consiste à prévenir, le plus en amont possible, les communes et autres collectivités territoriales de la présence de ces espèces sur leur territoire d’intervention. Ainsi, elles pourront inscrire durablement dans les documents d’urbanisme qu’elles élaborent (PLU notamment) le fait que les plantes rares ont été recensées dans certains secteurs et qu’elles doivent être préservées.
 

La conservation ex-situ

Complémentaire de la conservation in-situ, la conservation ex-situ et la multiplication en culture s’avèrent parfois indispensables pour maintenir ou restaurer certaines populations menacées. Cette méthode de conservation consiste à récolter les graines des plantes menacées pour les conserver à basse température (congélation), ce qui a la propriété d’allonger leur durée de viabilité.

Le Conservatoire botanique national de Brest dispose de serres techniques de multiplication destinées à faire germer ces graines pour ensuite réintroduire les plantes obtenues dans leur milieu ou les conserver sur place. Le recours à la conservation ex-situ est également un outil d’expérimentation pour mieux comprendre la biologie des espèces vulnérables à travers leur mise en culture.


Depuis sa création, le Conservatoire botanique national de Brest a mis en place une banque de graines de plantes menacées à l’échelle du territoire d’agrément du conservatoire, mais aussi du monde entier.

Un cadre réglementaire précis et une déontologie très stricte régissent les opérations de renforcement de populations ou de réintroductions à partir des graines et de plantes obtenues ex-situ. De grandes précautions sont prises pour garantir l’intégrité et la représentativité du patrimoine génétique conservé. Tout risque d’hybridation ou de sélection même involontaire doit être écarté dans cette technique beaucoup plus délicate qu’on ne l’imagine souvent.

En 2007, le Conservatoire botanique national de Brest a récolté les graines de 11 espèces de plantes menacées sur son territoire d’agrément dont cinq font actuellement l’objet d’un plan de conservation.
Une attention particulière est accordée aux plantes à très forte valeur patrimoniale : le panicaut vivipare (Eryngium viviparum), le scirpe triquêtre (Scirpus triquetrus), l’ail des landes (Allium ericetorum), l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa) ou encore l’obione pédonculée (Halimione pedunculata).

Exemple de conservation ex-situ

En Bretagne :

Le panicaut vivipare (Eryngium viviparum)

Il fait l’objet d’un plan de restauration de populations disparues. A ce titre, de nombreux tests de germination de ses graines prélevées en milieu naturel à différentes périodes ont été mis en place.

Les manipulations effectuées ont eu pour objectif de trouver les conditions optimales de germination. Le Conservatoire botanique national de Brest a également prélevé les graines d’anciens herbiers de cette plante pour les faire germer. Par ailleurs, l’ensemble des plants obtenus a été repiqué afin de les multiplier en vue de les réintroduire si besoin en milieu naturel.

 

Le panicaut vivipare
(Eryngium viviparum)

Pays de la Loire :

Le scirpe triquètre (Scirpus triquetrus)

Il fait l'objet d'un plan de conservation en Pays de la Loire. Afin de connaître l'influence de l'hydromorphie du substrat sur la période de germination des graines, le Conservatoire a lancé une étude en 2007 en partenariat avec le jardin botanique de Nantes.

Une partie des graines a été semée en extérieur en terrine avec vase humide et l'autre en terrine avec de la vase submergée (recouverte d'eau en permanence sur 5 cm), et ceci à 3 périodes de semis différentes (janvier, février et avril).

Les résultats ont montré que la germination ne s’opère que sur vase humide, à une température minimale de 10 à 12°C la nuit et de 15 à 25 °C le jour.
Des tests en incubateur sont actuellement en cours afin d’aller plus loin dans l’étude de cette plante.
 


Scirpe triquètre
(Scirpus triqueter L.)
(Photo : Jean Le Bail - Conservatoire botanique national de Brest)

Basse-Normandie :

Halimione pedunculata :

Sur le territoire d'agrément du CBN de Brest, il n’y a qu’une seule et unique station de cette espèce, et elle est située en Basse-Normandie.  La plante étant annuelle, l'importance de la station peut énormément varier d'une année à l'autre.

Par mesure de précaution, des collectes de graines sont réalisées les années où la population est assez conséquente pour pouvoir collecter des graines sans risque. En 2004, 19 graines ont été collectées en nature et environ 800 graines l’ont été en 2005.

Des tests ont été réalisés sur ces graines (95% de graines germées sur le lot collecté en 2005). Une partie est stockée au congélateur et l'autre est mise en culture pour collecte de graines supplémentaires, détermination des conditions de culture de l'espèce et meilleure compréhension des variations annuelles de la population.
 
Halimione pedunculata



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dernière mise à jour 01 septembre 2009