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Les programmes Internationaux

Le Conservatoire botanique national de Brest développe activement plusieurs programmes internationaux de protection de la flore menacée.

Ce sont les îles en particulier qui sont visées par ces actions mais le Conservatoire botanique national de Brest a pour vocation de s’investir également dans d’autres régions prioritaires du monde.

Ces régions prioritaires, appelées hot-spots, ont pour point commun de présenter une biodiversité extrêmement élevée et de très fortes menaces sur l’environnement.


Carte du monde des hot spots

Madagascar : projet de création d’un réseau de jardins conservatoires

Contexte général

En 2006, le Conservatoire botanique national de Brest a été sollicité par l’ONG malgache Fanamby pour développer un projet de jardin-conservatoire dans le nord de Madagascar afin de lutter contre la perte de biodiversité, la déforestation et de protéger les habitats.

Pour mener à bien ce projet, le Conservatoire botanique national de Brest s'est engagé à apporter ses compétences et son savoir-faire dans les domaines suivants :

l’assistance à l’identification et à la sélection des sites pour l’établissement des jardins conservatoires;

la contribution à la formation des acteurs locaux (conservation ex situ, aménagement, éducation);
l’assistance au développement d’outils scientifiques (gestion des collections, base de données flore et habitats, liste rouge).
 

Cette mission d’expertise est actuellement en cours de réalisation. Elle inclut une étude de faisabilité, d’assistance et de transfert de savoir-faire. Elle est réalisée sur place avec des missions régulières du personnel du Conservatoire botanique national de Brest à Madagascar et complétée par l’accueil d’acteurs locaux au siège du Conservatoire botanique à Brest.

En 2007, les différents partenariats liés à cette mission malgache ont été formalisés afin de garantir sa pérennité.

Ainsi, l’ONG Fanamby et le Conservatoire botanique national de Brest ont conclu un protocole d’accord pour mener des actions de conservation de la flore malgache et cadrer l’installation d’ un premier jardin conservatoire.

Ce projet est soutenu par le Conseil Général du Finistère, le Conseil Régional de Bretagne dans le cadre d’une coopération décentralisée, ainsi que par le groupe Lafarge et l’Arche aux plantes, association de soutien au Conservatoire botanique national de Brest.
 

Aloe suzannae
une succulente malgache au bord de l'extinction



Premiers résultats

Le site d’Anjakely, situé au Sud d’Antsiranana, a été choisi d’un commun accord pour démarrer les actions de conservation. Les objectifs étaient de mettre en place une petite pépinière de multiplication et d’observation des espèces forestières indigènes du massif d’Andrafiamena et de dispenser une formation sur la méthodologie de collecte, la multiplication, les tests de germination et la gestion de la pépinière à 5 agents de l’ONG "Fanamby" ainsi qu’à 4 villageois d’Anjakely.

Ce projet s’inscrit dans le projet général de Fanamby sur Anjakely qui consiste en la mise en place d’une aire protégée pour la conservation des forêts sèches.

Ces milieux hébergent en effet des lémuriens dont le rarissime propithèque de Perrier, l’une des trois espèces de primates les plus menacées au monde. Or, la conservation de ce primate dépend de l’état de conservation des forêts sèches et de leurs différentes espèces végétales.

Cette petite pépinière constitue donc une ébauche du jardin-conservatoire qui reste à développer en parallèle à l’installation de Fanamby sur le site.

Ce site de base sera un terrain d’expérimentation pour l’étude et l’observation des espèces ligneuses indigènes en culture, mais servira aussi à l’étude, la multiplication et la réimplantation des espèces endémiques menacées.
 

Création du jardin conservatoire à Anjakely

Enfin, il constituera une base de connaissance pour des projets de restauration à base d’essences indigènes et participera au développement écotouristique du village.

Perspectives

Un projet de nouveau site est actuellement en cours d’élaboration à Joffreville. Celui-ci est situé dans une autre région climatique de l’île, à proximité du Parc National de la Montagne d’Ambre. L’objectif de ce second jardin sera pédagogique. Il consistera à développer une pépinière d’espèces forestières destinées à la reforestation.





 

Les îles macaronésiennes : conserver les éléments les plus menacés

Depuis les années 1990, le Conservatoire botanique national de Brest est partie prenante de la conservation des espèces menacées sur les archipels de Madère, des Canaries et des Açores.

Il a notamment travaillé à la sauvegarde de nombreuses espèces quasi disparues des milieux naturels à cause d’une très forte pression anthropique.

Par exemple, la fougère Polystychum drepanum, qui ne subsistait autrefois que dans quelques ravines de l’archipel a pu ainsi être réintroduite dans son site originel du Ribeiro do Inferno (Madère) et s’est depuis bien développée.

 

La laurisilve de Madère

Aujourd’hui, le Conservatoire botanique national de Brest a formalisé un partenariat avec l’Institut Klorane. Ce projet de conservation d’éléments parmi les plus menacés de l’archipel de Madère comprend trois volets :

la réintroduction et le renforcement d’espèces prioritaires emblématiques pour la préservation du patrimoine vivant

Normannia triphylla fait partie des espèces concernées par ce volet du projet.

Cette espèce, observée une seule fois en plus de cent ans, est considérée comme éteinte dans la laurisilve de Madère.

Il est donc prévu de réintroduire Normania triphylla dans son milieu d’origine en doublant ce projet d’une étude sur le suivi et les conditions de maintien de l’espèce dans son milieu naturel.
 

Normannia triphylla


la recherche des espèces endémiques les plus menacées, pas ou peu cultivées, et leur conservation ex situ

 
Ce volet prévoit une recherche des espèces endémiques les plus menacées peu ou pas cultivées.

L’opération menée en lien avec le jardin botanique de Funchal prévoit une conservation des plantes sur place et à Brest dans les locaux du Conservatoire.
 

Geranium maderense
le développement de collaborations entre le Conservatoire botanique national de Brest et les différents acteurs de la conservation sur l’archipel de Madère.

 
L’un de ces objectifs est de contribuer au développement d’une structure de conservation sur place (projet de création d’un jardin conservatoire en altitude).

Dans le domaine éducatif, des actions seront menées afin de sensibiliser les populations locales au respect de leur patrimoine végétal.
 

Jardin botanique de Funchal


L’Asie du sud-est : préservation du Bois d’aigle (Aquilaria)

Ce projet regroupant des partenaires nombreux et variés a pour objet de renforcer la connaissance et la conservation des 25 espèces d’arbres du genre Aquilaria, endémique de l’Asie du Sud Est, et de quelques sept genres affines de Thymaelaeaceae, menacés du fait de leur très haute valeur traditionnelle et économique.

En effet, certaines espèces produisent du Bois d’Aigle (Agarwood), un bois dont les exsudats de résine sont provoqués par l’inoculation d’un champignon. De cette résine sont extraits de l’encens et des huiles essentielles très prisés au Japon et en Corée, et qui se vendent à des prix exorbitants.

Certaines de ces espèces sont aussi à l’origine de médicaments et de cosmétiques. Il en résulte une très forte pression d’exploitation qui met en danger la survie de ces espèces d’arbres et de certaines forêts d’Asie du Sud-Est. Ces prélèvements sont responsables d’une diminution de 80% des populations d’Aquilaria au Vietnam et au Cambodge. Il s’agit de trouver un équilibre entre la forte pression d’exploitation exercée sur ces arbres et la conservation de la biodiversité.

Ce projet d’étude approfondie et pluridisciplinaire (biologie, anatomie, systématique, physico-chimie, écologie, inventaires et répartition) doublé d’une dimension conservatoire est piloté par le CNRS de Montpellier et associe de nombreux partenaires (CIRAD, Muséum National d’Histoire Naturelle, Pierre Fabre S.A.S., Faculty of Pharmacy (Phnom Penh), Université Montpellier 2 / UMR AMAP (Montpellier), Université Nationale du Vietnam (HoChiMinh-ville), Université royale de Phnom Penh, Conservatoire botanique national de Brest )...

Les orientations et actions envisagées sont les suivantes :

Approfondir les connaissances portant sur la répartition, la classification et la génétique des populations d’Aquilaria ;

Connaître et décrire les espèces des 7 autres genres voisins susceptibles de servir de substitut ;

Engager des actions pour la préservation des habitats et des espèces appartenant au genre Aquilaria et autres genres affines ;

Créer un conservatoire pour ces arbres et l’utiliser notamment comme référent destiné à contrôler la qualité et la traçabilité des médicaments, phyto-produits et Bois d’Aigle de collection ;

Optimiser la maîtrise de la production de Bois d’Aigle.


 

Aquilaria
Photo : ©CbnBrest




Développer la connaissance de la flore menacée

Afin de coordonner et de soutenir les efforts de sauvetage entrepris en de nombreux points du monde, un Programme pour la Réhabilitation des Plantes au bord de l’Extinction (Plants Recovery Program) a été fondé en 2000 au Conservatoire Botanique National de Brest, en étroite coopération avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) dont il reprend toutes les recommandations. Son objectif est de contribuer à la connaissance de la flore au bord de l’extinction, préalable nécessaire à sa sauvegarde.

Le Conservatoire botanique national de Brest a donc développé une base de données mondiale faisant le point sur la situation des plantes les plus menacées. Depuis 2003, à la demande et avec le soutien de l’Agence européenne pour l’environnement le Conservatoire botanique national de Brest a particulièrement travaillé sur l’adaptation de cette base de données à l’échelle européenne. Cet outil de connaissance totalise 763 taxons européens hautement menacés. Elle fait le point sur leur distribution, leur rareté en nature et en culture, les menaces qu’ils subissent, et sur les éventuelles actions de préservation et de réhabilitation entreprises.

L’objectif de cette base de données est de poser les bases d’une liste rouge européenne en cours d’élaboration par l’UICN, en étroite collaboration avec le Conservatoire botanique national de Brest.
Le sauvetage d’une espèce est une opération peu coûteuse en regard des résultats escomptés. L’application de plans de conservation pour les espèces concernées aurait des résultats incalculables en matière de sauvetage et de mise à la disposition de l’humanité de ces ressources fragiles.

La base de données

La base de données fait le point permanent sur la situation en nature et en culture des plantes au bord de l’extinction ou éteints au niveau mondial.

Les rubriques suivantes sont documentées en suivant purement et simplement les recommandations de l’UICN. Elles peuvent ainsi être transféré directement à la base de données de l’UICN :

Nom du taxon, famille ,
Distribution géographique ,
Habitat ,
Catégorie de menace avec critère (catégories de l’UICN):
Actions de conservation ,
Utilisation ,
Texte de synthèse ,
Références .

En plus de rubriques, le programme fait le point sur :
La situation en culture dans le monde pour chaque plante en prenant en compte tous les sites ou la plante est conservée vivante : Jardins botaniques, Banques de graines, collectionneurs publics ou privés, initiatives privées, pépinières commerciales, etc..

Si la plante est cultivée dans moins de six sites, le nom de chaque site est donné en clair (ou codé sur demande) , avec la dernière année de culture connue. Si un site participe à un programme de réhabilitation pour cette plante, un symbole(*) le mentionne ; Pour les plantes éteintes (EX) qui furent cultivées, un point noir avec la dernière année de culture mentionne le fait.

Si la plante est cultivée dans plus de cinq sites mondiaux, seuls les sites ayant pris une responsabilité dans la conservation sont mentionnés, les autres ne sont pas publiés mais conservés en base de données et diffusées sur demande. Le nombre de sites de culture actuels aboutit à un indice de fréquence en culture.

D’autres informations de culture sont stockées dans la base de données mais non publiées. Elles portent (lorsqu’elles sont connues) sur l’origine du matériel vivant, la diversité génétique conservée, l’histoire de la culture, la forme du matériel conservé (graines, plantes, pollens, tissus, etc..), les quantités, la nature de la conservation (culture, congélation, etc…)
la situation des actions en-cours pour chaque espèce est affectée d’un indice très utile :

0 : pas de Recovery Program pour la plante
1 : seulement une protection officielle ou/et mise en culture
2 : action de réhabilitation in-situ en cours
3 : action de réhabilitation achevée

Ces informations permettent d’identifier les plantes qui bénéficient d’aucune mesure de conservation et qui peuvent donc disparaître à tout moment.

Outre ce système d’alerte, le Recovery Program peut alerter les autorités en charge de telle ou telle espèce sur la situation dramatique de cette espèce et proposer des mesures concrètes de conservations d’urgence : mise en réserve, mise en culture, rechercher de matériel vivant en culture à travers le monde, etc…



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dernière mise à jour 01 septembre 2009