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Vous êtes ici : Actions internationales : les plantes menacees  

Cylindrocline lorencei

Cylindrocline lorencei fait partie des espèces prioritaires en collection au Conservatoire. C'est une espèce éteinte en nature et présente dans deux jardins au monde seulement, le Conservatoire Botanique National de Brest et Kew Gardens à Londres. Cette espèce est représentée par très peu d'individus dans le monde, 7 exemplaires (de 3 clones différents) au Conservatoire, et plusieurs exemplaires issus de culture in vitro mais provenant d'un seul clone à Kew Gardens.

L’histoire de Cylindrocline commence lorsqu’un botaniste du Conservatoire botanique national de Brest décide en 1977 de récolter les graines des derniers plants encore présents dans la nature sur l’île Maurice.

Des lots de ces graines furent expédiés dans divers jardins botaniques à travers le monde mais aucun ne parvint à les cultiver.

Cependant le Conservatoire botanique national de Brest obtint des plants viables qui se développèrent jusqu’à la fructification avant de mourir. Pendant ce temps, la dernière station de Cylindrocline lorencei disparaissait totalement dans la nature. La plante fut donc considérée comme éteinte en culture et en nature dès 1990.
 

Cylindrocline lorencei
Photo : Loïc RUELLAN

Le Conservatoire botanique national de Brest a donc décidé, dans les années 1990, de mettre en place des expérimentations sur la germination des graines de cette espèce. En effet, il fut avéré que ces graines ne pouvaient germer dans des conditions naturelles.

Toutefois, certaines parties (tissus) des graines présentaient encore une certaine viabilité. En isolant et cultivant ces parties viables grâce à la culture in vitro, les scientifiques du Conservatoire réussirent à régénérer des plantes entières.

Ces plants mesurent dorénavant deux mètres de hauteur et sont actuellement conservés dans les serres du Conservatoire botanique national de Brest. Kew Gardens à Londres possède également quelques pieds de cette espèce, transmis par le Conservatoire.

L’objectif actuel consiste à multiplier cette espèce in vitro en vue d’une réintroduction dans son milieu naturel.

Partant des bons résultats obtenus à Kew Gardens en matière de culture in vitro, il a été décidé de procéder de la même façon à Brest.
 

Plants de Cylindrocline lorencei cultivés à Brest
Photo Catherine GAUTIER


Ne possédant pas de laboratoire de culture in vitro au sein de ses locaux, le Conservatoire botanique national de Brest s’est tourné vers le laboratoire Bretagne Biotechnologies Végétales de Saint-Pol de Léon, qui a accepté d’héberger l’expérimentation.

L’équipe a travaillé sur différents organes de la plante (bourgeons axillaires…) et a réalisé différents essais afin de maîtriser les protocoles de désinfection et d'ensemencement.
Après plusieurs tentatives et des essais au préalable sur l'espèce voisine Cylindrocline commersonii, les scientifiques ont réussi à obtenir une vingtaine d'explants non contaminés qu’il leur faut maintenant multiplier et acclimater.

Début 2012, le Conservatoire botanique national de Brest lance un important programme de réintroduction de 30 plantes éteintes ou menacées de disparition à l'Île Maurice, dont fait partie le Cylindrocline lorencei.
Cette opération exceptionnelle et complexe est l'aboutissement d'une action de conservation de la flore de l'île Maurice, dans laquelle s'engage le Conservatoire botanique depuis plus de 30 ans. Elle mobilise des scientifiques, des techniciens, des partenaires locaux...

Voir le film (http://www.youtube.com/watch?v=9ot28LoBuIY)




Ruizia cordata

Le genre Ruizia est un genre monospécifique (genre ne comportant qu'une seule espèce), endémique de l'île de la Réunion, herborisé pour la première fois par le botaniste français Philibert Commerson en 1770 et 1771. Cet arbre présente la caractéristique d'avoir un feuillage très différent à l'état juvénile et à l'âge adulte.

.A la fin du XIXème siècle, l'espèce, largement distribuée sur la côte sous le vent, était considérée comme commune. La destruction de son milieu naturel par les incendies et l'urbanisation, l'introduction par l'Homme d'animaux herbivores, et surtout les prélèvements inconsidérés par les tisaneurs ont provoqué l'extinction de cette espèce.

Dans les années 1970, Ruizia n'était connu que par trois plants localisés par les botanistes de l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement), et les membres de la SREPEN (Société Réunionnaise d'Etude et de Protection de l'Environnement). A partir des boutures collectées en nature, deux plants ont pu être cultivés à Brest.

Cette espèce étant dioïque, le Conservatoire Botanique ont eu la chance d'obtenir un plant de chaque sexe. Pollinisées manuellement, les fleurs femelles ont donné des fruits renfermant une grande quantité de graines viables. Près de 1800 jeunes plants ont pu rejoindre la Réunion en 1988, pour une opération de réintroduction en nature et dans des jardins publics et privés de l'île.

Depuis, le Conservatoire botanique national de Mascarin a pris en charge la conservation de la flore de cette île.

 

Plant femelle de
Ruizia cordata en culture à Brest





Normania triphylla :

Cette espèce endémique de Madère a été retrouvée par un botaniste de cette île en 1991, alors qu'elle n'avait pas été revue depuis environ 100 ans.

Jouissant d'un climat plus humide qu'à Funchal, les plants de Normania triphylla ont prospéré à Brest et ont donné, après quelques années, plusieurs milliers de graines.

En juillet 1998, le Conservatoire botanique national de Brest a pu réaliser une opération de réintroduction en partenariat avec l'équipe du Jardin Botanique de Funchal et le Service des Parcs Naturels de Madère. Le Conservatoire botanique a également confié des graines de cette espèce au Jardin Botanique Royal de Kew, à Londres.


Dix ans plus tard, une seconde opération de réintroduction de cette espèce dans la laurisilve de Madère est en cours d’élaboration.

Proche des Solanum, le genre botanique Normania est un des plus rares d’Europe car il n'est composé que de deux espèces :

Normania triphylla endémique de Madère et
Normania nava endémique présumée éteinte des îles Canaries.









Plants de Normania triphylla cultivés à Brest
Photo Loïc RUELLAN



Normania triphylla
Photo : Loïc RUELLAN

 


 
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dernière mise à jour 03 septembre 2012