Les collections de plantes menacees
Les actions internationales du Conservatoire botanique national de Brest consistent notamment à préserver par la conservation ex-situ des espèces végétales au bord de l’extinction. Dans certaines situations d’urgence, c’est en effet le seul moyen pour éviter que des espèces ne disparaissent de la planète de façon définitive.
Sur les 3800 espèces végétales du Conservatoire Botanique National de Brest, 1730 sont des espèces menacées dans leur milieu naturel et possèdent une cotation de rareté et de menace selon les critères de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature.
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70 sont des espèces éteintes en nature et survivant en culture (EW) |
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Hibiscus storckii
Photo : RUELLAN Loïc |
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270 sont au bord de l’extinction totale (CR) |
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300 sont classées en danger (EN) |
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480 sont vulnérables (VU) |
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390 sont très localisées sans menaces immédiates (NT) |
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220 sont menacées sans que le degré de menace puisse être précisé (DD) |
Une grande partie des espèces menacées proviennent d’Europe (particulièrement de la zone méditerranéenne), des îles océaniques qui hébergent souvent des flores exceptionnellement riches en espèces endémiques mais dont les milieux sont fortement perturbés par les activités humaines ou les introductions d’animaux ou de végétaux exotiques.
Origine géographique des espèces en culture au Conservatoire botanique national de Brest
Les îles des Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues), de Macaronésie (archipels des Açores, des Canaries, de Madère, du Cap-Vert), des Antilles ou du Pacifique fournissent l’essentiel des collections botaniques cultivées en serres pédagogiques et paysagères, en serres techniques ou encore en pleine terre au jardin conservatoire.
Les espèces « prioritaires », à la fois rares en nature et en culture font l’objet de programmes de multiplication (y compris in vitro), de diffusion dans les autres jardins et conservatoires botaniques, voire de réintroduction quand les conditions favorables sont réunies (exemples de Cylindrocline lorencei, de Normania triphylla et de Ruizia cordata).
Ces collections botaniques sont constamment enrichies par des échanges entre jardins et conservatoires botaniques du monde entier, mais aussi à l’occasion des missions scientifiques menées par le Conservatoire.
La banque de semences sest un outil privilégié pour la conservation à long terme des espèces menacées. |
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Les serres du Conservatoire botanique national de Brest
Photo : Loïc RUELLAN |
Le rôle du Conservatoire est de sauver les espèces menacées représentées par peu ou pas d’exemplaires en nature et en culture. Il est donc nécessaire dans un premier temps d’obtenir un plus grand nombre d’exemplaires de ces plantes afin de pouvoir les distribuer et éventuellement les réimplanter.
Cultiver des plantes au bord de l’extinction comporte un certain nombre de risques (accidents de culture, intempéries, pannes…), c’est pourquoi la banque de graines apparaît comme un outil très intéressant, car elle permet de créer un fonds de sauvegarde avec de nombreux avantages :
stocker du matériel végétal (graines) sur un très long terme ;
conserver la variabilité génétique de l’espèce en stockant un maximum d’échantillons de provenances diverses ;
gagner du temps, de l’espace et de l’argent (ce qui nécessite plusieurs mètres carrés en culture peut tenir au congélateur dans un container de 10-50 ml) ;
Faciliter la diffusion avec les différents pays du monde entier.
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Banque de graines
Photo : ©CbnBrest |
La banque de graines est constituée de 4 congélateurs verticaux à –18°C qui renferment 1733 espèces réparties en 3500 lots stockés depuis 1976. Le classement s’effectue par année de stockage et ordre alphabétique.
Sur ces 1733 espèces, on compte notamment :
327 espèces prioritaires (au bord de l’extinction) à l’échelle mondiale ;
212 espèces du massif armoricain : les espèces protégées et les plus menacées dans leur milieu.
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Quelques échantillons de
la banque de semences
Photo : Loïc RUELLAN |

Un certain nombre d’étapes et de précautions sont à respecter avant et après le stockage des graines afin de s’assurer de la bonne conservation des lots à long terme :
Par la suite, il conviendra de s’assurer régulièrement (environ tous les deux ans voire plus selon les espèces) de la viabilité à long terme des lots de semences, en réalisant des tests de germination. Cela permet d’évaluer la longévité des graines conservées au froid (variables selon les espèces) et, si nécessaire, de régénérer régulièrement les lots de graines ainsi conservés.