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Bonne nouvelle ! Ce n’est pas tous les jours qu’une plante protégée nationale, d’intérêt communautaire et non revue depuis 1964 dans l'Ouest de la France est retrouvée ! Son petit nom : Lindernie rampante (Lindernia procumbens). Elle vient d’être redécouverte en Anjou, à Montreuil-Juigné, au nord d’Angers.

 

Mais quelle est donc cette plante ?

La Lindernie rampante (Lindernia procumbens) est une plante pionnière vivant sur les vases et sables vaseux humides des rivières, cours d’eau, étangs mis à nu à la saison estivale.

Il s’agit d’une plante d’intérêt européen, protégée en France et considérée comme disparue des Pays de la Loire.

 

Une redécouverte importante pour l'Ouest de la France

La plante était alors connue seulement :

  • En Mayenne, la plante n’a été vue qu’exceptionnellement sur les deux rives de la Mayenne à Entrammes et Château-Gontier et jusqu’au tout début du 20e siècle seulement, sans doute du fait de travaux pour canaliser la rivière.
  • En Loire-Atlantique, elle était observée au 19e siècle sur les vases de la Loire en période d'étiage.
  • En Anjou, elle était considérée comme rare sur les bords de la Loire, la Maine, la Mayenne, l’Oudon… Dès les années 1870, les botanistes angevins s’alarmaient de sa disparition progressive et la Lindernie rampante est devenue exceptionnelle au début du 20e : Marcel Piron la signalera pour la dernière fois en 1964, à Saumur.

Finalement, après plus de 50 ans sans nouvelle, la plante est redécouverte en septembre 2021 sur le territoire d'Angers Loire Métropole à Montreuil-Juigné par Julien Geslin en relative abondance mais sur une surface limitée.

Si sa présence est aujourd’hui attestée en ce lieu, il est possible qu’elle ait été observée au début des années 2000 où Aurélia Lachaud et Pascal Lacroix signalaient un pied de la Lindernie rampante dans la même localité. Après échange, la donnée n’avait finalement pas été prise en compte dans l’Atlas de la flore de Maine-et-Loire du fait des doutes sur l’identité de la plante. Aujourd’hui, nous revenons donc sur ce choix à l'appui de critères discrimants observés à l'époque sur ce pied unique et considérons comme plausible l’existence de la plante en 2001.

Proche morphologiquement d’une espèce américaine, la Lindernie fausse gratiole (Lindernia dubia), avec laquelle elle peut être confondue, la Lindernie rampante est à rechercher car elle pourrait se maintenir ponctuellement et pourrait passer inaperçue à travers les tapis denses de l’espèce voisine non indigène.


Lindernia procumbens à gauche et Lindernia dubia à droite © Julien Geslin (CBN de Brest)

 

En Pays de la Loire • La Lindernie rampante était jusqu'alors recensée sur 13 communes. Pour consulter sa répartition, rendez-vous sur l'application eCalluna.

 

Aux petits soins

La plante va faire l’objet d’un suivi et des mesures de conservation vont être étudiées en lien avec les acteurs locaux.

Plus d’informations à venir dans le bilan des découvertes à paraître dans notre revue E.R.I.C.A. au printemps 2022.

 

Contact

Julien Geslin
Chargé d'études flore
Antenne Pays de la Loire
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Dans le nouvel épisode de Sur Le Front diffusé dimanche 24 octobre à 20h55 sur France 5, Hugo Clément vous emmène à la rencontre des combattant.e.s qui se mobilisent pour la préservation de nos plantes. Vous y verrez Stéphane du Conservatoire botanique au chevet du Cylindrocline lorencei.

 

Éditorial d'Hugo Clément

"Lorsque l’on évoque les espèces qui disparaissent sur terre, on pense immédiatement aux rhinocéros d’Afrique ou aux ours polaires, mais rarement aux plantes. Alors que des espèces végétales sont en danger au pied de chez nous. Non seulement ces espèces forment des fleurs magnifiques, mais elles sont surtout essentielles à nos écosystèmes : premier maillon de la chaîne alimentaire, régulatrices naturelles ou productrices d’oxygène. Il faut les préserver.

Pour certaines d’entre elles, il est déjà trop tard : la Violette de Cry, qui ne vivait que dans l’Yonne, s’est éteinte définitivement. Elle a disparu de notre planète. Si nous n’agissons pas rapidement, des dizaines d’autres pourraient suivre. Rien qu’en France métropolitaine, 700 espèces végétales sont aujourd'hui menacées. Dérèglement climatique, raréfaction des terres, cueillette intensive, prolifération d’espèces invasives, à travers notre enquête, j’ai réalisé que la majorité des causes du recul des plantes est d’origine humaine. J’ai été impressionné de découvrir qu’autant de citoyens se battent, aux quatre coins de la France.

Thierry Andrieu surveille les somptueux sabots de Vénus comme on veillerait sur une œuvre d’art. Laureen Keller se bat pour que l’emblématique astragale de Marseille prospère à nouveau dans les Calanques et qu’elle ne soit pas étouffée par les espèces envahissantes. Nicolas Puech, apiculteur dans les Pyrénées, envoie des graines par courrier dans tout le pays. Il veut tous nous inciter à planter des fleurs des champs chez nous pour que les abeilles puissent butiner.

Surtout, j’ai découvert des histoires fascinantes ! Saviez-vous qu’à Brest un botaniste a réussi à ressusciter une plante ? Stéphane Buord a pu faire renaître la Cylindrocline grâce aux biotechnologies et au clonage alors qu’en 1990 cette espèce était considérée comme éteinte. Nous avons pu suivre la réintroduction de cette miraculée dans son milieu d’origine à l’île Maurice. Un message d’espoir comme on aimerait en filmer plus souvent. Nous pouvons tous contribuer à la sauvegarde d’espèces menacées, en plantant des fleurs locales. Commençons par fleurir nos balcons et nos jardins avec des coquelicots ou des bleuets."

 

Séquence sur le Conservatoire botanique

 

Une grande première à Brest : des scientifiques ressuscitent une plante

 

 

Les scientifiques du Conservatoire botanique national de Brest ont réalisé l’impossible : ramener à la vie une plante officiellement disparue depuis 1990. Grâce à une nouvelle technique proche de la PMA (procréation médicalement assistée), la Cylindrocline, dont des graines ont été congelées en Bretagne pendant des décennies, est réapparue. Notre équipe a accompagné son retour très attendu vers son lieu d’origine, l’île Maurice.

 

 

Stéphane s’est consacré des années à la renaissance de la Cylindrocline, petite plante verte de l’île Maurice, disparue depuis des décennies. Le miracle s’est produit et la plante est de retour sur son lieu natal. « Le Cylindrocline, elle est revenue d’entre les morts. » 

 

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Contact

Stéphane Buord
Directeur scientifique des actions internationales
Conservatoire botanique national de Brest
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En savoir +

Du 13 au 15 octobre, les Conservatoires botaniques nationaux (CBN) se sont réunit à Blois pour apporter des solutions nationales aux enjeux de préservation de la biodiversité. Objectif : optimiser l'appui de ce réseau incontournable auprès des politiques publiques et au service de la biodiversité végétale française.

 

Une délégation du CBN de Brest était présente parmi les 240 élus, experts botanistes et professionnels de l’environnement.

Dominique Dhervé, directeur général, témoigne :

"A côté du plaisir de se retrouver après des mois de distanciel, ces Rencontres ont permis de dresser, avec le ministère de la Transition écologie et l'Office français de la biodiversité, un bilan des travaux de consolidation du cadre national d'action des CBN (décret sur les missions, financements, identité visuelle...), un état des attentes opérationnelles réciproques mais aussi un point sur les chantiers qui restent encore ouverts : statuts, périmètres géographiques. Les ateliers techniques ont facilité les collaborations sur différents sujets communs au réseau : connaissance de la flore et des végétations, communication, documentation... tout cela dans le magnifique cadre de la ville de Blois. Un moment riche et revigorant."

Sylvie Magnanon, directrice scientifique des actions régionales et interrégionales, confirme :

"Une belle équipe, heureuse de se retrouver et d'échanger."

Ces Rencontres ont marqué un tournant pour le réseau des CBN, renforcé cette année par un nouveau cadre de mission et une nouvelle identité visuelle qui sera prochainement dévoilée.

 

Au deuxième rang en partant du bas, une partie de la délégation du CBN de Brest, de droite à gauche :
Audrey Dupuy (déléguée régionale Pays de la Loire), Catherine Zambettakis (déléguée régionale Normandie-Caen), Dominique Dhervé (directeur général), Frédérique Bonnard Le Floc'h (présidente) et Marion Hardegen (déléguée régionale Bretagne), photographiés par Sylvie Magnanon (directrice scientifiques des actions régionales et interrégionales).

 

 

12 Conservatoires en France

Partenaires

  • Office français de la biodiversité
  • Fédération des Conservatoires botaniques nationaux
  • Muséum national d'Histoire naturelle

Contact

Dominique Dhervé
Directeur général
Conservatoire botanique national de Brest
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Le Conservatoire botanique entreprend en cette fin d'année la création d'un nouveau service pour organiser la mutualisation et la valorisation des données géographiques, devenue durant la dernière décennie un axe prioritaire des politiques publiques de la biodiversité.

Objectifs

Dans l'Ouest de la France, le Conservatoire botanique est depuis longtemps un maillon essentiel de la chaîne de production de l’information sur la flore, les habitats et les végétations.

Il se traduit notamment par l'animation d'observatoires afin d'améliorer, de mutualiser et de partager les connaissances. Le Conservatoire fédère ainsi un réseau de botanistes et de phytosociologues, élabore les outils nécessaires (protocoles, référentiels, bases de données, outils de diffusion…), contrôle, valide et agrège les données de nombreux individus et structures partenaires.

Le récent décret n° 2021-762 du 14 juin 2021 reconnait désormais officiellement cette compétence en attribuant, au réseau des Conservatoires botaniques nationaux, une nouvelle mission : la gestion, la valorisation et la diffusion des données.

Pour mieux organiser cette mission et l’inscrire dans une dynamique nationale, le Conservatoire botanique a décidé de créer un nouveau service de l'Information géographique.

Le service, opérationnel en 2022, se composera de 3 personnes : 2 ingénieurs et 1 technicien (recrutement en cours). Il sera chargé de gérer les flux de données géographiques et de valoriser ces données en travaillant en appui des antennes régionales et des services communs du Conservatoire, notamment du service Informatique.

Contact

Christophe Bougault
Responsable du service de l'Information géographique
Conservatoire botanique national de Brest
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En savoir +

En 45 ans d’activité, le Conservatoire botanique est devenu un acteur incontournable dans ses différents champs d’activité et la compétence de ses équipes est très appréciée. Son bilan scientifique et technique est particulièrement important, reconnu et alimente les travaux de nombreux acteurs de la biodiversité. Cependant, malgré ce bilan positif en termes de mission, l’établissement souffre de failles structurelles importantes qui entravent ses activités ainsi que l’expression de ses compétences et font peser d’importants risques sur son avenir. Le Conservatoire s'est mis en ordre de marche ce printemps pour construire un nouveau projet d'établissement au service de la biodiversité végétale. C'est le sens du projet Transitions.

 

Les raisons qui motivent ce projet

  • Une attente montante en expertise de la biodiversité qui se heurte à des difficultés de réponse et une forte pression sur les personnels, compte tenu des limites structurelles de l'établissement.
  • Un modèle économique fondé sur une proportion très importante de financements émiettés et volatils qui génère des injonctions contradictoires entre mission de service public et une logique dominante de prestations ou de projets à court - moyen terme ainsi que des risques économiques importants.
  • Un périmètre géographique statutaire (Bretagne) qui n’est pas en adéquation avec le périmètre opérationnel (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire), ce qui fragilise la légitimité juridique de son intervention.
  • L’avènement du Conservatoire botanique national de Normandie à l’horizon 2023 qui entraînera une diminution du périmètre d’intervention ainsi qu’une perte de mutualisation de moyens.
  • L’apparition de nouveaux acteurs dans le paysage institutionnel de la biodiversité avec la création de l’Office français de la biodiversité et des Agences régionales de la biodiversité ou encore l'apparition de Conservatoires d’espaces naturels doit être l'occasion de bien définir les rôles et missions ainsi que les complémentarités et synergies d'action.
  • La loi de transformation de la fonction publique de 2019 conduit au changement d'organisation du travail avec des conséquences financières importantes au 1er janvier 2022.

 

De nouveaux élu.e.s à la barre

Le nouveau Comité syndical du Conservatoire botanique national de Brest, issu des élections municipales de 2020 et des élections départementales et régionales de 2021, a achevé sa mise en place ce début octobre. Il est présidé par Frédérique Bonnard Le Floc'h, vice-présidente de Brest métropole. Au total, 11 délégués titulaires et 11 suppléants siègent au sein de la nouvelle assemblée et y représentent leur collectivité ou établissement de rattachement : Brest métropole, Région Bretagne, Département du Finistère, Université de Bretagne Occidentale.

La présidente marque le cap en fixant comme objectif de la mandature de "finir la construction d'un établissement public adapté aux enjeux actuels de la biodiversité et bien installé dans un paysage d'acteurs qui a beaucoup évolué". "Le projet Transitions qui se déploie depuis le printemps dernier touche aux questions matérielles avec l’installation dans de nouveaux locaux, organisationnelles, financières et territoriales. Il est marqué par l'émergence du Conservatoire botanique national de Normandie qui conduit l'établissement à se réorganiser sur ses deux autres régions d'intervention."

 

Contact

Dominique Dhervé
Directeur général
Conservatoire botanique national de Brest
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