Flore protégée des Pays de la Loire
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Enjeux de conservation de la biodiversité végétale en Pays de la Loire

L’appauvrissement de la flore spontanée est un phénomène alarmant dont la gravité dépasse largement le cas des seules forêts tropicales qui est très souvent médiatisé. Grâce à l’amélioration des connaissances, on mesure de mieux en mieux les pertes et les régressions floristiques aussi subies par notre flore locale sous l’effet d’une emprise de l’homme sur la nature qui s’est considérablement accrue au cours du XXème siècle.

Certes, à l’échelle d’un territoire, la flore n’est jamais tout à fait stable. Des modifications spontanées peuvent en effet intervenir dans la composition floristique d’une région sous l’influence de voies de migration à la faveur desquelles des espèces se déplacent. Des espèces végétales s’étendent ou régressent en raison d’une dynamique propre à leurs populations ou sous l’effet de lentes modifications des conditions naturelles (climat, hydrologie ...). Parfois, des espèces végétales peuvent même disparaître sous l’action de ces facteurs naturels. Cependant, le rythme de ces modifications est relativement lent car elles résultent de l’évolution progressive d’un système en équilibre dynamique.

 

Liste rouge régionale des plantes vasculaires rares et/ou menacées en Pays de la Loire

(LACROIX P., LE BAIL J., HUNAULT G., BRINDEJONC O., THOMASSIN G., GUITTON H., GESLIN J., PONCET L., 2008

Or, les disparitions et régressions floristiques constatées depuis le XIXème siècle en Europe occidentale et notamment en région Pays de la Loire sont d’une toute autre ampleur ! Elles se distinguent des évolutions floristiques spontanées précédemment évoquées par leur rapidité et par le nombre des espèces concernées. Elles témoignent d’une profonde modification et d’une destruction des habitats par l’homme suite à l’évolution de ses pratiques dans des domaines tels que l’agriculture (qui a connu une intensification lourde de conséquences pour l’environnement) ou l’aménagement du territoire (de plus en plus consommateur d’espace).

En Pays de la Loire, on considère que près d’une soixantaine de plantes autrefois signalées dans la région ont disparu du territoire régional armoricain dans les dernières décennies, ce qui représente environ 3 % de la flore spontanée ! Un nombre au moins aussi élevé de taxons est au bord de l’extinction dans la région ! Et cette érosion floristique n’est pas compensée par l’arrivée de plantes étrangères (introduites sciemment ou involontairement par l’homme du fait du développement des moyens de communication et d’échange), d’autant plus qu’un certain nombre d’entre elles se substituent à des espèces locales et ont de graves répercutions sur la biodiversité végétale (plantes dites « invasives » ou « envahissantes » telles que la jussie qui envahit le Marais Poitevin et la Brière).

Un bilan chiffré de la flore protégée des Pays de la Loire est effectué ici, en complément des statistiques présentées par grand type de milieu. Il met en évidence les enjeux de conservation qui se posent à l’échelle régionale (mais aussi à l’échelle départementale) concernant la préservation de la flore protégée et souligne l’importance que revêtent par exemple les zones humides et le littoral sur le plan de la biodiversité végétale dans notre région. Il montre l’adéquation des listes de protection aux enjeux, notamment en terme de responsabilité patrimoniale et de vulnérabilité de la flore, mais en révèle également les limites.



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dernière mise à jour 06 février 2012