Flore protégée des Pays de la Loire
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Les outils d’évaluation de la valeur patrimoniale de la flore

Ce n’est qu’à partir d’une connaissance globale de la distribution générale de la flore dans son ensemble que l’on peut identifier les espèces les plus rares et menacées, méritant protection.

La description de la flore de la région des Pays de la Loire est un travail colossal engagé depuis plusieurs générations de botanistes qu’il est impossible de citer tous et dont les pionniers remontent au moins au XVIIIème siècle. Depuis les premières mentions de plantes, les travaux des botanistes ont d’abord consisté à énumérer la flore en dressant des catalogues et en décrivant les espèces nouvelles pour la taxonomie végétale. Ce n’est qu’ensuite que la préoccupation de la distribution géographique des plantes (phytogéographie) est apparue puis celle d’étudier leurs conditions de vie (écologie). L’amélioration des connaissances sur la flore en Pays de la Loire est ainsi le fruit d’un long cheminent scientifique procédant par capitalisation des connaissances acquises précédemment.

Les critères d’évaluation de la valeur patrimoniale de la flore :

Différents critères objectifs sont utilisés pour hiérarchiser la valeur patrimoniale des plantes :


La répartition

Une espèce végétale est répartie dans une aire géographique donnée qui présente des conditions écologiques favorables à son développement. Certaines espèces, dites « cosmopolites » sont adaptées à des conditions écologiques très larges, ce qui leur permet de coloniser une grande partie du globe. Au contraire, d’autres plantes sont cantonnées à des aires géographiques restreintes car elles sont inféodées à des milieux rares ou à des conditions écologiques plus strictes.

Plus la répartition d’une espèce est cantonnée, plus le risque de la voir disparaître de la planète est grand et plus la responsabilité patrimoniale du ou des pays qui l’abritent est forte. Autrement dit, un territoire donné possède donc vis à vis de sa flore une responsabilité patrimoniale variable d’une plante à l’autre, qui dépend de l’extension de l’aire de répartition de chacune d’elles à l’extérieur de ses limites. Le cas extrême correspond à celui d’une plante endémique dont l’aire de répartition est totalement incluse à l’intérieur du territoire considéré. Si l’aire de répartition d’une plante déborde peu du territoire, on parle alors d’espèce subendémique.

Les plantes cosmopolites ou à aire géographique très étendue n’induisent qu’une très faible responsabilité patrimoniale vis à vis du pays hôte puisque celle-ci est partagée avec de nombreuses nations. En revanche, la responsabilité patrimoniale augmente si la présence d’une plante dans le pays donné correspond à une aire disjointe du reste de l’aire (toute situation d’isolement d’une partie de population est en effet susceptible de constituer des combinaisons génétiques originales) ou si l’espèce est menacée sur une grande partie de son aire ou bien encore si elle est en limite de répartition et rare à l’intérieur de son aire.

Inventaires et cartes de répartition :

Aujourd’hui, les inventaires forment la base de la connaissance globale qui permet de connaître la distribution générale d’une plante, et donc d’apprécier l’abondance ou la rareté d’une espèce à différentes échelles. Les cartes de répartition d’espèces constituent ainsi un précieux outil pour l’évaluation de l’intérêt patrimonial de la flore, à l’instar de l’Atlas floristique de la Loire-Atlantique et de la Vendée du Professeur Pierre Dupont, édité en 2001 dans le cadre du projet d’inventaire permanent de la flore du Massif armoricain et de ses marges, coordonné par le Conservatoire Botanique National de Brest. Cet atlas marque en Pays de la Loire l’aboutissement d’une démarche impulsée au début des années 1960 en France : la cartographie floristique selon le système des réseaux. Cette cartographie repose sur le principe de la couverture du territoire par un quadrillage de 10 kilomètres de côté (il s’agit du maillage dit U.T.M.) à l’intérieur duquel la présence d’une plante est reportée sous forme de points. Elle permet de mettre en évidence l’aire de répartition des espèces végétales et dans une certaine mesure d’indiquer leur fréquence.

Un atlas préliminaire vient de paraître pour la Mayenne et d’autres projets sont en cours en Maine-et-Loire et en Sarthe. Ces documents constituent de véritables références scientifiques pour les décideurs et sont un guide indispensable pour la définition des stratégies de conservation à développer face au constat d’un appauvrissement alarmant de la flore.

Les livres et listes rouges :

En réaction au constat d’une érosion de la biodiversité végétale, des bilans scientifiques sont parus depuis plus d’une dizaine d’années, sur la situation de la flore : les listes ou livres rouges. Ceux-ci n’ont pas de valeur légale, mais reposent sur une évaluation objective du statut des espèces végétales. Contrairement aux listes de protection réglementaire, elles ne sont pas limitées d’un point de vue numérique et peuvent prendre en compte l’ensemble des espèces végétales rares et menacées.

En 1993, le Conservatoire Botanique National de Brest a ainsi publié une Liste Rouge des espèces végétales rares et menacées du Massif armoricain où figurent plus de 500 plantes, c’est-à-dire près du quart de la flore armoricaine ! En 1995, un Livre rouge de la flore de France est paru, grâce à la collaboration de nombreux botanistes, qui dresse la liste des plantes les plus menacées dans notre pays.

 

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dernière mise à jour 06 février 2012