Flore protégée des Pays de la Loire
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Bilan par département



A l’intérieur de la région des Pays de la Loire, on observe une forte variabilité dans la répartition des plantes protégées qui conduit à d’assez fortes spécifités départementales. Ainsi, seules 20 espèces protégées sont partagées par l’ensemble des 5 départements : La loire-Atlantique, la Vendée, la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Mayenne, et 50 espèces ne sont présentes que dans un seul département. C’est pourquoi, des responsabilités fortes incombent aux départements pour la préservation d’un certain nombre d’espèces végétales protégées au niveau régional ou national.

La Loire-Atlantique


La Loire-Atlantique est le département le plus riche en espèces végétales protégées de la région avec actuellement 114 plantes protégées, dont 82 au niveau régional et 32 au niveau national (parmi lesquelles 6 sont d’intérêt communautaire). Ce chiffre élevé est alimenté par un fort contingent de plantes du littoral (42), mais provient également des prairies naturelles et milieux associés (25 espèces) et des milieux semi-aquatiques (13 espèces), milieux pour lesquels la Loire-Atlantique est le département le plus riche de la région, mais aussi des landes (18 espèces), des tourbières et bas-marais (16 espèces), des rochers et pelouses de l’intérieur (16 espèces) et des milieux forestiers (13 espèces).

La Loire-Atlantique déplore la disparition de 24 plantes protégées, parmi lesquelles 10 ont également disparu du reste de la région. Ces plantes présumées disparues se répartissent de manière à peu près équilibrée dans les milieux semi-aquatiques d’eau douce (6 espèces), les landes (5 espèces), les prairies naturelles et les formations de grandes herbes (5 espèces), les sables et dunes du littoral (5 espèces) et les tourbières et bas-marais (4 espèces).

16 plantes protégées sont présentes exclusivement en Loire-Atlantique. Elles comprennent 3 taxons endémiques de France : l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), la carotte de Gadeceau (Daucus carota subsp. gadecaei) et le statice à feuilles ovales (Limonium ovalifolium subsp. gallicum) et 4 subendémiques : l’ail des landes (Allium ericetorum), la canche faux agrostis (Antinoria agrostidea), le peucédan à feuilles en lanières (Peucedanum lancifolium), la serratule de Gallice (Serratula tinctoria subsp. seoanei), la renoncule à fleurs en boules (Ranunculus nodiflorus) et le faux cresson de Thore (Thorella verticillatinundata). Les autres plantes sont le calamagrostis lancéolé (Calamagrostis canescens subsp. canescens), le chou marin (Crambe maritima), l’euphorbe de Séguier(Euphorbia seguierana subsp. seguierana), le malaxis des tourbières (Hammarbya paludosa), la gesse des marais (Lathyrus palustris subsp. palustris), la trompette de Méduse (Narcissus bulbocodium subsp. bulbocodium), le tabouret à odeur d’ail (Thlaspi alliaceum).
 

Calamagrostis lancéolé
(Calamagrostis canescens (Web.)
Roth subsp. canescens)
(Photo : Jean Le Bail-CBNB)


Le Maine-et-Loire

Avec 109 espèces protégées en Maine-et-Loire, ce département est presque aussi riche que la Loire-Atlantique et la Vendée. Cependant, le nombre de plantes propres au Maine-et-Loire est beaucoup plus restreint, car 3 espèces seulement sont présentes exclusivement dans ce département : la pulsatille rouge (Pulsatilla rubra subsp. rubra), le plumet (Stipa pennata), la téesdalie corne de cerf (Teesdalia coronopifolia).

85 plantes sont protégées au niveau régional et 24 au niveau national, dont 3 sont d’intérêt communautaire. Le Maine-et-Loire est le département le plus riche des Pays de la Loire en plantes protégées des milieux forestiers (25 espèces). Les rochers et pelouses (22 espèces), les landes (17 espèces), les tourbières et bas-marais (15 espèces) et les milieux semi-aquatiques contribuent ensuite à la richesse du département.

En Maine-et-Loire, ce sont 19 plantes protégées qui sont supposées avoir disparu du département, sur lesquelles 9 sont perdues dans le reste des Pays de la Loire. Il s’agit pour l’essentiel, de plantes des milieux semi-aquatiques d’eau douce (4 espèces), des tourbières et bas-marais (4 espèces), des landes (4 espèces), des rochers et pelouses de l’intérieur (3 espèces) mais aussi des cultures, jachères et friches (3 espèces).

 

Pulsatille rouge
(Pulsatilla rubra Delarbre)
(Photo : Hermann Guitton-CBNB)


La Mayenne


La Mayenne est le département le moins riche de la région avec seulement 46 plantes protégées actuellement présentes, principalement liées aux zones humides (tourbières, landes, prairies humides). 35 d’entre elles sont protégées au niveau régional et 11 le sont au niveau national (cont 1 espèce d’intérêt communautaire). C’est par ailleurs le département où l’on constate le plus de disparitions, avec 25 plantes différentes, soit plus de la moitié des espèces protégées encore présentes.

Sur ces 25 espèces, 6 ont disparu de l’ensemble de la région. Les milieux les plus touchés sont les tourbières et bas-marais (9 espèces disparues), les milieux semi-aquatiques d’eau douce (5 espèces), les landes (4 espèces) et les prairies naturelles et les formations de grandes herbes (4 espèces). La relative pauvreté de la Mayenne en plantes protégées est donc pour partie la conséquence d’un appauvrissement de la flore et d’une atteinte aux milieux humides. Elle s’explique également par l’absence de milieux littoraux et par la très faible représentation des milieux de rochers et pelouses de l’intérieur (1 espèce seulement). Une seule plante protégée est propre à la Mayenne : il s’agit de la violette des marais (Viola palustris subsp. palustris).

 

Violette des marais
(Viola palustris L.)
(Dessin issu de la Flore de Coste)




La Sarthe

79 espèces protégées sont présentes en Sarthe, dont 64 sont sur la liste régionale et 17 sur la liste nationale (parmi lesquelles 3 espèces d’intérêt communautaire). La plus forte contribution est apportée par les plantes des milieux forestiers (24 espèces), la Sarthe étant à ce niveau presque aussi riche que le Maine-et-Loire. La Sarthe est le département le plus riche au niveau régional en espèces des landes (19). On note ensuite une forte participation des plantes des tourbières et bas-marais (20 espèces), et dans une moindre mesure des rochers et pelouses de l’intérieur (11 espèces).



La Sarthe compte 19 espèces présumées disparues, dont 4 ne sont plus non plus présentes ailleurs en Pays de la Loire. Les milieux les plus touchés sont : les milieux aquatiques (3 espèces), les milieux semi-aquatiques d’eau douce (3 espèces), les tourbières et bas-marais (3 espèces) et les prairies (3 espèces).

10 espèces protégées sont présentes exclusivement dans ce département : la gentiane croisette (Gentiana cruciata subsp. cruciata), la gentianelle amère (Gentianella amara), l’hélianthème faux-alysson (Halimium alyssoides), le maïanthème à deux feuilles (Maïanthemum bifolium), la pivoine mâle (Paeonia mascula subsp. mascula), la grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris), le pâturin de Chaix (Poa chaixii), la petite pyrole (Pyrola minor), le rhynchospore brun (Rhynchospora fusca).
 

Petite pyrole
(Pyrola minor L.)
(Photo : Emmanuel FOURNIER)



La Vendée

Avec 112 espèces protégées actuellement présentes en Vendée, l’autre département littoral de la région rivalise avec la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire comme départements les plus riches des Pays de la Loire sur le plan de la flore protégée. On remarque une plus forte similitude entre la flore protégée de Loire-Atlantique et de Vendée qui ont en commun 74 espèces protégées.

La Vendée possède 21 plantes protégées qui ne sont présentes dans aucun autre département de la région, ce qui constitue le chiffre le plus élevé. Parmi celles-ci, on compte 3 endémiques : l’euphraise de Jaubert (Odontites jaubertiana), l’oenanthe de Foucaud (Oenanthe foucaudii), le cynoglosse des dunes (Omphalodes littoralis) et 1 subendémique : le silène de Thore (Silene vulgaris subsp. thorei). Les autres plantes sont : la capillaire de Montpellier (Adiantum capillus-veneris), la bellardie germandrée (Bellardia trixago), la céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra), le garou (Daphne gnidium), la vipérine des Pyrénées (Echium asperrimum), l’épipactis à fleurs pendantes (Epipactis phyllanthes), l’euphorbe des marais (Euphorbia palustris), l’euphorbe péplis (Euphorbia peplis), l’iris bâtard (Iris spuria subsp. maritima), l’isoète épineux (Isoetes histrix), la salicaire à trois bractées (Lythrum tribracteatum), l’ophioglosse du Portugal (Ophioglossum lusitanicum), la sagine noueuse (Sagina nodosa), le sérapias en cœur (Serapias cordigera), le libanotis (Seseli libanotis subsp. libanotis) et la salsepareille d’Europe (Smilax aspera).

85 espèces sont protégées au niveau régional et 27 le sont au niveau national, dont 5 espèces d’intérêt communautaire. Le département de la Vendée se caractérise par une part importante de plantes protégées littorales (52) et tout particulièrement par une forte contribution des sables et dunes du littoral qui rassemblent 33 espèces. La Vendée est de surcroît le département le plus riche des Pays de la Loire en espèces protégées des rochers et pelouses de l’intérieur (21 espèces). On note par ailleurs de forts contingents provenant des prairies naturelles et milieux associés (21 espèces), des landes (17 espèces) et des milieux forestiers (16 espèces).
 
20 plantes protégées ont disparu de Vendée, dont 6 sont présumées disparues de l’ensemble des Pays de la Loire. Les landes (5 espèces), les prairies naturelles et formations de grandes herbes (4 espèces), les tourbières et bas-marais (4 espèces) et les milieux semi-aquatiques d’eau douce (4 espèces) figurent de nouveau parmi les milieux ayant subi les plus fortes pertes, avec également les rochers et pelouses de l’intérieur (4 espèces).
 

Sérapias en cœur
(Serapias cordigera L.)
(Photo : Jean Le Bail-CBNB)


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dernière mise à jour 01 mars 2009